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Association Culturelle Munzur (Paris)

Président : Onur Konak
Secrétaire / Vice présidente : Derya Yalçin
Vice Présidente: Emel Yerlikaya
Trésorerie: Sibel Yalçin


PREMIER Projet Humanitaire : Ensemble Pour Dersim / Dersim için Birlikte

Chers membres, participants et collaborateurs,

Voilà maintenant près de trois ans, que pris naissance notre désir de créer l'Association Culturelle Munzur et ainsi proposer, organiser par le biais de cette association, plusieurs projets humanitaires, dont un premier (projet ENSEMBLE POUR DERSIM- DERSIM ICIN BIRLIKTE) dans le but d’aider les enfants de Dersim.

Le temps est passé, les idées ont fleuris, de belles rencontres se sont faites, et le projet s’est mis en place petit à petit.

Pour commencer, notre association sera d’ordre culturelle et humanitaire. L'association organisera au fil du temps, des projets (missions) humanitaires.
Le premier projet qui sera mis en place dans les jour à venir, aura pour but de venir en aide aux enfants habitant la région de Dersim .


Pourquoi principalement Dersim ?

Parce que c’est une région que nous connaissons assez bien, et qui nous est familière, la plupart d’entre nous y étant originaire.
C’est donc dans un soucis d’une prise en charge, et d’une action de bonne qualité, que nous avons décidé de commencer à venir en aide aux enfants de cette région.

Pourquoi les enfants ?

Parce que l’enfant c’est symbole de changement, de futur, de construction, d’éducation. Dans un monde en pleine mutation et en pleine crise, ils sont les premières victimes des fléaux qui guettent la société. En les aidant dans leur quotidien, et surtout au niveau de l’éducation, ils auront ainsi de solides bases, un bon départ pour commencer leur vie, avoir les chances d’assurer un meilleur avenir dans cette région où le manque d’infrastructures, d’aide de l’état, ainsi que la pauvreté, sont de sérieux obstacles à leur développement, tant personnel que collectif.

Notre objectif sera de leur venir en aide principalement au niveau de l’éducation. Par la suite, avec l’évolution de l’association, nous pourrions participer à la construction d’infrastructures (écoles, centres culturel, bibliothèques, librairies etc.).

C’est un projet bien ambitieux que nous avons décider d’entreprendre. Il n’y a pas de recette magique pour sa construction, il nous faut comme ingrédient du temps, de la patience, un soutien considérable , de personnes courageuses et motivées, avec une poigne de déterminisme et les choses se mettrons petit à petit en place.

Nous avons entrepris des démarches administratives pour l’officialisation de l’Association Culturelle Munzur à Paris et ainsi mettre en oeuvre ce premier projet, cette première mission humanitaire. Tout est sur le point de se concrétiser. Le siège sera sur Paris, la place et le lieu ne sont pas encore établis.

L'Association Culturelle Munzur est enfin sur le journal officiel.


Pour plus d’informations vous pouvez nous joindre sur les boîtes e-mails suivants :

derya.acmunzur@live.fr

acmunzur@live.fr


Des rencontres artistiques et culturelles auront lieu dans les temps à venir, nous vous tiendrons au courant.
Merci à tous et à toutes pour votre attention et votre soutien, nous en avons besoin.

A bientôt,


L’ASSOCIATION CULTURELLE MUNZUR (Paris)



 


> > > > > GALLERIE PHOTO < < < < <


SEYIDEDERSIMI@HOTMAIL.FR


ACMUNZUR@LIVE.FR



 
 
  ARTICLE A LA UNE
Ahmet Türk:”Les opérations militaires n’empêcheront pas la tenue de la Conférence Kurde.” (le 17/05/2009 à 22h47)

En avant-première mondiale, Bersiv vous présente en français la longue mais très importante interview, par Neşe Düzel dans le journal turc Taraf du 27 avril, d’Ahmet Türk le co-président du Parti de la Société Démocratique (DTP) luttant pacifiquement pour la défense des droits légitimes du peuple kurde en Turquie:

Pourquoi une interview d’Ahmet Türk?

Il y avait vraiment une atmosphère positive. Des préparatifs pour la Conférence Kurde qui allait pour la première fois porter la représentation des Kurdes de tout le Moyen-Orient, étaient en cours; on pensait/espérait que cette conférence amènerait une solution globale à la Question Kurde et qu’elle serait un premier pas vers le désarmement du PKK.

Brusquement, l’arrestation de dirigeants du DTP est survenue; 51 officiels du DTP ont été arrêtés. Mais le développement vraiment frappant est survenu après ces arrestations; un policier des Forces Spéciales a assommé au sol un garçon de 14 ans qui se trouvait dans un groupe d’enfants manifestant dans une zone rurale et il s’est mis à lui frapper violemment le crâne à coups de crosse de mitraillette, à le frapper encore et encore, et il l’a tabassé autant qu’il pouvait. C’était comme si quelqu’un voulait délibérément faire voler en éclats l’atmosphère de paix. Avec le co-président du Parti de la Société Démocratique (DTP) Ahmet Türk, nous avons parlé de sa perception de ces évènements. Nous l’avons interrogé sur l’avenir de la Conférence Kurde qui est censée avoir lieu à Hewlêr (Erbil) chez Barzani, sur si le DTP allait participer à la conférence ou pas, si le PKK était invité ou pas, sur comment éviter la violence que certains tentent d’exacerber et s’il y aura certains gestes réciproques pour calmer la situaton actuelle.

NEŞE DÜZEL: Il y a actuellement une opération policière de grande envergure contre les cadres du DTP. Que pensez-vous du timing de cette opération?

AHMET TÜRK: Nous nous attendions à plusieurs éventualités d’évolution après la victoire du DTP aux élections locales. Nous pensions que soit le pourcentage élevé de voix que nous avions reçu n’allait pas être toléré et que l’atmosphère deviendrait plus tendue, soit le soutien apporté par le peuple au DTP allait être accepté et qu’une logique de résolution de la Question Kurde se développerait. C’est la première hypothèse qui s’est réalisée: le fait que le DTP ait doublé son score et qu’il soit devenu le premier parti dans la Région Kurde à l’occasion des élections locales du 29 mars n’a pas été toléré et les opérations ont donc commencé.

NEŞE DÜZEL: Qui sont ceux qui n’ont pas toléré les résultats des élections?

AHMET TÜRK: Au premier plan, il y a le pouvoir politique [l'AKP]. Mais ce n’est pas une opération que le gouvernement a planifiée par lui-même. En Turquie, les hommes politiques sont sous contrôle. Lorsque le sujet a trait à la Question Kurde, l’AKP et ceux qui contrôlent les politiciens en Turquie s’accordent pour maintenir la politique de non-résolution, vieille de 80 ans et qui empêche que le problème soit résolu par des moyens démocratiques et pacifiques. Après tout nous savons que si l’AKP n’a pas été interdit c’est parce qu’il avait accepté un tel accord.

ND: Êtes-vous en train de dire que les rafles contre les cadres du DTP sont la conséquence des élections locales?

AT: C’est la première raison. La seconde est la déclaration du PKK suite aux élections. Le PKK a déclaré ceci: “Le peuple kurde a donné son soutien au DTP lors des élections. Nous apprécions positivement ce soutien. Pour ouvrir la voie à une solution pacifique, nous tairons les armes jusqu’au 1er juin.”

Ils ont aussi précisé que si le moindre développement positif se présentait, ils prolongeraient leur cessez-le-feu unilatéral. Et bien voilà. Certains s’enrichissent grâce à ce conflit…alors les seigneurs de guerre se sont inquiétés. Car ils savent que si la Question Kurde est résolue par des moyens démocratiques, le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE va s’accélérer et ils vont perdre le pouvoir. Ceux qui s’opposent à une solution pacifique du problème sont donc intervenus.

La troisième raison de l’opération contre le DTP…

ND: Oui, quelle est-elle?

AT: La possibilité de paix dans la Région Kurde.

Les Kurdes vivent dans 4 pays: Turquie, Iran, Irak et Syrie, au Moyen-Orient. Les politiciens kurdes des 4 parties cherchent à atteindre une décision commune de ce que sont les demandes du peuple kurde et à initier une période de paix dans cette région. Ceci aussi a dérangé l’Etat [turc]. Afin de stopper net tous ces développements pacifiques, il a attaqué le DTP.

ND: Le PKK a mis fin à ce cessez-le-feu à cause de cette opération; pensez-vous que mettre fin au cessez-le-feu est la bonne décision?

AT: Le PKK n’a pas mis fin au cessez-le-feu. Ils ont fait une déclaration jeudi dernier [23 avril] disant: “Il est devenu évident que l’Etat ne veut pas résoudre la Question Kurde. Malgré cela, nous honorerons notre décision comme nous l’avons déclaré auparavant jusqu’au 1er juin.”

ND: Considérant que les opérations continuent, pensez-vous que mettre fin au cessez-le-feu après le 1er juin est la bonne décision?

AT: Notre souhait est que le cessez-le-feu continue. La Question Kurde ne peut pas être résolue par les armes. Elle peut l’être par la démocratie. Nous n’avons jamais voulu que les armes reviennent à l’agenda. Nous savons que les armes causent de la souffrance et des larmes. Mais nous devons être réalistes.

Faire la paix exige une volonté politique et de la détermination. S’il n’y a pas un pouvoir politique qui veuille la paix et qui croie en la paix, il ne peut pas y avoir une solution unilatérale. L’Etat doit entrer dans le processus de dire “oui” aux demandes de paix. Toute personne raisonnable ne devrait prendre aucun rôle dans le retour du temps des armes. Cela nous inquiète, c’est pour cela que nous crions ce slogan: “Asseyons-nous et résolvons ce problème par le dialogue”.

ND: Qui devrait s’asseoir pour résoudre le problème?

AT: Il y a des parties au conflit. Si le gouvernement est l’organe exécutif et qu’il est avec la volonté de la population alors nous nous baserons là-dessus et ferons part au gouvernement de nos demandes. Mais il n’y a aucun dialogue entre le gouvernement et nous.

ND: Avez-vous tenu une quelconque sorte de réunion avec le gouvernement AKP ou le Premier ministre en tant que DTP?

AT: Nous n’arrivons pas à rencontrer le gouvernement quand nous tentons de le faire. Nous leur avons demandé d’avoir une discussion mais cela a été en vain.

ND: La Conférence Kurde est supposée avoir lieu bientôt à Hewlêr (Erbil). Est-ce que ces opérations vont empêcher la tenue de cette conférence?

AT: Elles ne l’empêcheront pas. L’important ici est la détermination des Kurdes à tenir ensemble une conférence conjointe. Même si les officiels du DTP sont arrêtés, nous continuerons notre combat pour faire avancer le processus démocratique et nous garderons notre détermination à créer une atmosphère de dialogue. Et biensûr nous ne reculerons pas face à l’oppression qui nous est infligée.

Ils ne devraient pas penser: “Nous avons arrêté 50 cadres du DTP, c’est la fin du DTP.” Cette pièce n’est pas terminée. Nous élèverons notre voix et les objections démocratiques à ces arrestations par nos actions et nos déclarations.

ND: Les allégations sont que les cadres du DTP arrêtés ont des liens avec le PKK. Savez-vous quelquechose quant à ces allégations?

AT: Jusqu’à ce jour, quand un Kurde formule des demandes concernant son identité, sa culture ou sa langue, il est d’office déclaré comme un membre du PKK. La revendication du peuple kurde de son identité, sa culture et sa langue était considérée comme une trahison, comme de l’ethno-nationalisme et comme un mouvement visant à diviser la pays. En fait, l’Etat nous dit ceci: “Soit vous vous taisez, soit je vous considère et vous traite comme des membres du PKK”.

ND: S’il est prouvé que les officiels du DTP arrêtés ont vraiment des liens avec le PKK, est-ce que vous critiquerez encore ces arrestations?

AT: Cette question n’a pas de sens. Ces personnes participent à la politique démocratique depuis le HEP, le DEP [prédécesseurs du DTP, fin des années 80, début des années 90], et ils n’ont jamais touché une arme ni pris le maquis. Ils sont arrêtés pour leurs opinions et parce qu’ils énoncent les réalités sociales. Par exemple, je dis: “le cessez-le-feu du PKK jusqu’au 1er juin est un pas important pour la paix”. Pour la seule raison que j’ai dit cela, demain je peux être poursuivi et jugé comme étant un membre du PKK.

ND: Pourquoi?

AT: Et bien, nos amis arrêtés ne disent pas autre chose. Eux aussi, comme moi, font des observations. Et essaient d’ouvrir la voie à des politiques démocratiques. Qu’on l’aime ou non, le PKK est une réalité. Après que le DTP ait été renforcé suite aux élections, le PKK a déclaré: “Nous devons donner une chance au DTP puisqu’ils ont le soutien du peuple [kurde]. Nous leur donnerons cette chance en taisant nos armes jusqu’au 1er juin”? Cela a été une décision positive. C’était une opportunité à saisir. Mais l’Etat a fait immédiatement le contraire. Ils ont essayé de faire annuler cette décision grâce aux opérations [contre le DTP]…

ND: Une fois vous avez déclaré: “Nous avons la même base populaire que le PKK.” Est-il possible qu’il y ait des liens entre ces cadres du DTP et le PKK autres que cette base populaire commune?

AT: Nous devons bien comprendre les développements dans le monde. Disons que des pas sont faits vers la paix et qu’en tant que DTP nous ayons eu des discussions avec le gouvernement et l’Etat. A la fin de ces pouparlers, l’Etat ne nous demandera-t-il pas ceci: “OK, si je fais ceci, est-ce que le PKK déposera les armes?”

Oui, c’est ce que fera l’Etat. Et alors donc le PKK est une réalité et a un rôle dans tout cela. Si vous considérez ce rôle comme “avoir des liens avec le PKK”[sous-entendu qu'être un canal de dialogue entre l'Etat et le PKK dans un but de paix négociée serait un crime], vous ne pourrez obtenir aucun résultat. Il faut prendre en compte le fait qu’il faudra convaincre le PKK d’accepter les principes et projets de paix proposés.

ND: Un groupe armé, quel que soit ce groupe, est un criminel au regard des lois. C’est ainsi dans le monde d’ailleurs. En tant que parlementaire, acceptez-vous le fait que tout groupe armé est criminal?

AT: Il est nécessaire de clarifier le terme de “terreur/terrorisme”. Il est nécessaire de comprendre de façon adéquate Al-Qaida ou le Hamas. Il est nécessaire de comprendre correctement le PKK, le parti de Mandela et l’ancienne Organisation de Libération de la Palestine.

ND: Commet cela doit-il être compris?

AT: Si un mouvement a le soutien d’un peuple et qu’il agit dans le but de réaliser les demandes de ce peuple, il est indispensable de mettre ce mouvement dans une catégorie différente. Car si pour moi il est un mouvement terroriste, pour d’autres il n’est pas perçu ainsi [mais comme des héros]. Nous devons voir cette réalité. Le Hamas est aussi en l’occurence un groupe armé et pourtant le Premier ministre Erdogan les reçoit, tient des discussions avec eux et leur demande de jouer un rôle dans le processus de paix.

Dans le passé, Mandela aussi a purgé une longue peine de prison, il avait été condamné en tant que terroriste, mais quand les conditions ont changé et qu’il y a eu une atmosphère propice au dialoque, personne n’a dit “Mandela est un terroriste”. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix. Et pourtant son groupe n’avait-il pas également pris les armes?

ND: Vous êtes mis en examen pour avoir dit qu’Abdullah Ocalan était comme Mandela…

AT: Je dis cela concernant la situation. Sinon je ne pense pas que quiconque puisse être parfaitement identique à un autre. Et personne n’a d’ailleurs à être similaire à un autre. Par contre, les processus historiques fonctionnent ainsi. Les conditions sont établies et les pourparlers ont lieu. Nous pouvons aussi donner l’IRA comme exemple.

ND: Êtes-vous entrain de dire qu’à la fin ils devront discuter avec Ocalan?

AT: Ocalan n’en demande pas absolument tant. Il ne dit pas: “Si vous ne me parlez pas, rien ne se passera”. Il dit: “Je crois en la paix, et je souhaite la paix. Ce problème ne peut aucunement être résolu par les armes. Discutez avec moi de sorte que je puisse contribuer au processus de paix”. Et il montre les Kurdes, les NGO et le DTP comme les interlocuteurs auxquels ils devraient s’adresser pour tenir les pourparlers de paix.

ND: Est-ce que le DTP a été invité à la Conférence Kurde à Hewlêr (Erbil)?

AT: Biensûr… Depuis que cette idée a été formulée, nous avons tenu des discussions. Nous avons dit ceci: “Tous les Kurdes doivent pouvoir participer à cette conférence. Si même un seul bord n’y participe pas, cette conférence sera incomplète”.

ND: Le PKK inclus?

AT: Biensûr. Tout le monde doit y participer. Finalement, c’est le PKK qui porte les armes. C’est du PKK qu’il est débattu par cette conférence. Toutes les politiques qui sont développées et tous les évènements qui ont lieu sont basés sur lui. Si vous l’excluez, quelle est alors l’utilité de tenir cette conférence?

ND: Est-ce que le PKK a été invité à cette conférence? Avez-vous des informations à ce sujet?

AT: Je ne sais pas. Cette conférence est encore au stade des discussions.

ND: Si le PKK n’est pas invité, est-ce que le DTP participera à la conférence?

AT: Nous déciderons de l’attitude à adopter en fonction du sérieux de cette conférence. Nous regarderons comment elle sera structurée et combien elle se basera sur les solutions au problème. Pourquoi participerions-nous à une conférence vaine et inefficace? Il faut que ce soit une conférence efficace où l’on puisse arriver à des conclusions.

ND: Une conférence sans le PKK sera-t-il inefficace?

AT: Biensûr; elle serait déficiente.

ND: A quel type de conclusions vous attendez-vous à arriver de la part de la Conférence Kurde dont l’objectif est le désarmement du PKK?

AT: Il se dit ceci: “Nous tenons la conférence dans le but de désarmer le PKK”. C’est ce que dit Talabani aussi. Or cela entraîne des critiques de la part de la population kurde pour la raison que cela ne fait pas part des demandes du peuple kurde au gouvernement AKP. Car on ne peut pas tenir une conférence uniquement pour désarmer un groupe. Alors sinon, ils [les combattants kurdes, le PKK] rétorqueraient ceci: “Ai-je pris le maquis dans le but de déposer les armes?”.

Parlons franchement; naturellement notre souhait principal aussi est de créer un monde sans armes. Le problème, c’est que s’il n’y a pas un projet qui garantisse la satisfaction des demandes du peuple kurde concernant son identité, sa culture, son droit à recevoir l’enseignement scolaire en kurde et une décentralisation de la gouvernance, alors cette conférence est vaine dès le départ.

L’important ici est que les demandes du peuple kurde soient satisfaites. Même si cela ne peut pas être réalisé en un jour, au moins les préparatifs peuvent être faits. Il y a de nombreux exemples de ce gendre dans le monde, notamment le cas de l’Afrique du Sud. Comment le problème a-t-il été résolu? Qui ont été les intermédiaires? Comment la paix a-t-elle été obtenue?

ND: Quel type de solution dans le monde prenez-vous en exemple?

AT: Aucun problème ne ressemble exactement à un autre, cependant partout dans le monde, afin d’arriver à une solution et à la paix, des préparatifs ont été finalement faits, les parties ont débattu du problème et une volonté effective de paix a pris forme. L’élément commun partout est que les gouvernements ont agi dans le but de sauver leur peuple et leur pays du chaos et d’apporter la paix de façon définitive.

ND: Avez-vous un espoir pour la paix?

AT: Nous n’avons jamais perdu notre espoir en la paix et nous ne perdrons jamais espoir. Si nous n’avions plus cet espoir, nous ne pourrions d’ailleurs pas faire de politique.

Nous disons: “Ne continuez pas cette stratégie de déni et d’anéantissement. La paix, même si elle n’est pas pour aujourd’hui, arrivera certainement un jour ou l’autre. Les droits identitaires et culturels du peuple kurde seront définitivement garantis. Tout en respectant l’intégrité territoriale de la République de Turquie, un environnement d’égalité et d’équité sera créé. Développons donc notre démocratie le plus tôt possible”.

Car les dernières opérations indiquent que certains sont déterminés à empêcher une solution démocratique.

ND: Qu’est-ce qui devrait être fait pour résoudre la Question kurde dans un cadre pacifique?

AT: Nous sommes très clairs et ouverts à ce sujet. Les droits [l'identité] du peuple kurde doivent être garantis par la Constitution. Une nouvelle Constitution devrait être préparée et écrite de façon à ce qu’elle accepte les différences comme une richesse.

Nous aussi sommes citoyens de la République de Turquie. Les citoyens kurdes devraient bénéficier des mêmes droits que les citoyens turcs. Dans le cadre du Projet d’Autonomie Démocratique [projet élaboré par le DTP], les gouvernements régionaux devraient être renforcés et les régions basées sur leurs besoins devraient pouvoir prendre des décisions dans les domaines de l’économie, du social et de l’éducation. Les écoles enseignant en kurde devraient pouvoir voir le jour. Pour l’instant, les autorités montrent TRT 6 [chaîne TV d'Etat diffusant en kurde, ouverte en janvier dernier] comme un grand progrès.

ND: N’est-ce donc pas un progrès?

AT: Mais les Kurdes ne peuvent même pas déterminer les programmes de TRT 6!

J’étais récemment en Angleterre et je m’y suis renseigné. Il y a 3 millions de Gallois; au Pays de Galles, ils apprennent le gallois et c’est obligatoire. Ils m’ont dit ceci: “Nous sommes tellement assimilés qu’il n’y a pas si longtemps, seulement 5% d’entre nous savaient parler gallois. Mais maintenant, ce chiffre est de 20%. Et parmi la jeune génération, il est de 40%”.

Le gouvernement britannique verse chaque année 180 millions d’euros aux chaînes de télévision privées pour subventionner le développement de la culture galloise. C’est une reconnaissance et une protection d’un droit. TRT 6 est, à l’opposé, l’abus d’un droit. Ce n’est pas ce que nous voulons…

ND: Si ces conditions sont acceptées, le PKK déposera-t-il les armes?

AT: Il n’y a pas de différence entre ce que nous disons et ce qu’ils disent. Les demandes sont exactement les mêmes. Ce sont les demandes du peuple kurde en général. J’agis en fonction des demandes du peuple kurde et le PKK fait de même.

ND: A quelles conditions le PKK déposera-t-il les armes d’après vous?

AT: L’Etat doit être ouvert et transparent. Après que vous ayez fait quitter le maquis aux guérilléros, allez-vous les jeter en prison ou bien allez-vous les laisser rejoindre la société et pratiquer la politique démocratique? Ces sujets doivent être discutés ouvertement.

ND: Y a-t-il des différences de points de vue entre Barzani [président de la Région fédérée du Kurdistan d'Irak] et le DTP?

AT: Nous sommes des politiciens qui vivont dans des états différents. Les conditions et exigences de chaque pays sont différentes. Si j’étais en Irak aujourd’hui, je demanderais une fédération. Car les Kurdes d’Irak faisaient partie de l’Empire Ottoman. Sans qu’ils aient intériorisé la situation, ils ont été regroupés avec les Arabes, ainsi ils ne se sont jamais mélangés. La situation en Turquie est différente. Les Kurdes et le Turcs ont la chance de vivre ensemble. Car cela fait vraiment mille ans qu’ils vivent ensemble. Par conséquent, nous n’exigeons pas une fédération en Turquie. Nous défendons le concept d’un gouvernement autonome démocratique. Nous voulons renforcer le pouvoir des administrations régionales.

ND: Que propose le DTP pour permettre/favoriser la paix?

AT: Il faudrait que ceci soit désormais compris: les Kurdes ne cherchent pas à faire sécession de la Turquie. Les Kurdes veulent résoudre ce problème sur la base de l’égalité des droits dans le respect de l’intégrité territoriale de le République de Turquie. S’il est accepté de croire que c’est cela que les Kurdes veulent, alors résoudre le problème ne sera pas si difficile. Car le problème vient de là: depuis la fondation de l’état-nation [turc], les Kurdes sont vus comme un danger potentiel. Certaines personnes doivent comprendre que les Kurdes ne veulent pas diviser ce pays, elles doivent se débarrasser de cette idée et de leurs peurs qui y sont liées.

ND: Pensez-vous qu’il est possible de faire certains gestes réciproques afin de détendre l’atmosphère jusqu’à ce qu’une paix définitive soit atteinte?

AT: Oui, c’est nécessaire. Des gestes devraient être faits pour démontrer la sincérité quant au désir de paix et de solution.

ND: Comme geste de bonne volonté, le PKK peut-il ordonner à ses combattants de se retirer du territoire [de la Turquie]?

AT: Biensûr…S’ils savent qu’il y a un effort sérieux pour la paix et qu’ils ne seront pas manipulés et trompés, pourquoi pas? Avant tout, une atmosphère de confiance doit être développée. Ce geste a déjà été effectué par le passé [août/septembre 1999] mais pendant le mouvement de retrait hors des frontières de la Turquie, 300 à 400 guérilleros du PKK ont été tués [par l'armée turque]. De plus, un “groupe de paix” du PKK [8 guérilleros menés par Ali Sapan et 8 diplomates travaillant en Europe] est venu en Turquie. D’autres groupes devaient suivre mais comme les personnes du premier groupe ont été condamnées à 15-20 ans de prison, cette démarche a été arrêtée.

ND: Que devraient faire les politiciens turcs et kurdes pour mettre les Kurdes et les Turcs dans une atmosphère de paix?

AT: Les démocrates turcs ont un rôle important à jouer pour stopper le développement des perceptions nationalistes. Aujourd’hui, les intellectuels turcs devraient soutenir les efforts du DTP pour résoudre la Question kurde en Turquie dans le cadre de la démocratie et du respect de l’intégrité territoriale de la Turquie. Et ils devraient répandre cette idée et cette confiance au sein de la population de la même façon que dans le passé Sartre et les intellectuels français se sont opposés à l’occupation de l’Algérie par la France.

ND: Les Kurdes ne veulent-ils pas faire sécession et créer leur propre Etat?

AT: Certains le souhaitent mais les politiciens ont l’obligation de prendre en compte les réalités sociales et de comprendre combien l’éthno-nationalisme fait du mal aux peuples dans le monde d’aujourd’hui. Nous sommes contre le concept d’Etat-nation et pour “l’Etat-démocratique”. Nous n’avons pas le droit de faire s’entretuer les peuples en mettant en avant le nationalisme dans un monde où les Etats forment des unions et où existe l’Union Européenne.

ND: Pensez-vous que l’Etat-nation est un processus très sanglant?

AT: Oui. Dans le monde d’aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de créer des Etats-nations. Nous avons besoin d’une citoyenneté équitable et d’un Etat démocratique. Mais certaines personnes ne veulent pas de changement dans ce pays. Elles veulent que le statu quo soit maintenu. Car ces quelques personnes perdraient le contrôle qu’elles ont sur la politique si la Question kurde était résolue et la Turquie plus démocratique…


Source: Taraf & BERSIV
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  ARTICLE A LA UNE
REPRISE DU PROCES DHKP/C (le 16/05/2009 à 01h29)
- Le sept novembre 2006 Bahar Kimyongür, ancien porte-parole du Bureau d'information du DHKC à Bruxelles, a été condamné à cinq ans de prison ferme pour le simple fait d'avoir diffusé de l'information en provenance de Turquie sur les conditions de détention dans les prisons de ce pays et avoir mené des actions pacifiques pour dénoncer le caractère antidémocratique de l'État turc. Pour ces raisons il est considéré par la Cour d'Appel de Gand comme le «chef d'une organisation terroriste et criminelle» (vous lisez bien).




«Quand monsieur Kimyongür rentrait dans la salle d'audience, le nombreux public qui se mobilisait pour lui l'applaudisait : la preuve qu'il est un chef», dixit les juges. Raisonnement implicite, que les juges se sont gardés de formuler car cela aurait mis trop en évidence l'absurdité de leurs arguments : «le public présent, devait être les subordonnés de Bahar Kimyongür et membres aussi, ou adhérants, d'une organisation terroriste».

Bahar Kimyongur est un symbole.

Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés.

Soutenir Bahar, c’est protéger les droits de tous les citoyens en Belgique.

Bahar Kimyongur est un citoyen belge qui s’oppose au régime turc. Depuis des années, il sensibilise la population et les personnalités politiques belges et européennes à propos des violations des droits de l’Homme en Turquie. En particulier, il dénonce la torture que subissent les prisonniers politiques dans ce pays.

Aujourd’hui, l’Etat belge a choisi son camp : en dépit de nombreux rapports alarmants condamnant la violence de l’État turc, la Justice belge présente ce pays comme une démocratie et fait passer les opposants politiques au régime d’Ankara pour des criminels. Au moment ou l'Union Européenne se fait hésitante à l'intégration de la Turquie parce que l'État de ce pays est reconnu pour ne pas respecter les droits de l'Homme ni les libertés, la Belgique, condamne ceux-là mêmes qui dénoncent les atteintes de l'État turc aux droits et à sa population.

Cette décision et les lois qui l'ont motivée représentent l'assassinat de nos libertés d'expression et de contestation. De ce fait, la Justice n’est pas impartiale mais politique, ce qui est notamment rendu possible par l’usage de la loi “antiterroriste” belge de 2003, inspirée par les lois de G.W.Bush. Bahar Kimyongur en est la victime. Mais ce qu’il vit actuellement menace toute personne qui entend contester, protester dans notre pays. Personne n’est à l’abri de ces lois liberticides. Les appareils répressifs et judiciaires ont maintenant à leur disposition un précédent judiciaire qui permet de mettre en prison pour de longues années, des personnes qui n'ont commit aucun délit. Après Bahar et ses compagnons, qui suivra ? Les syndicalistes, les altermondialistes, les représentants du monde associatif, les étudiants, les intellectuels, les travailleurs en lutte ?...

Voilà ce qu’il vous attend :

• Bahar Kimyongür a failli être remis secrètement par les autorités belges entre les mains des tortionnaires turcs dont il dénonce les crimes. La Belgique va à l’encontre de ses propres lois pour satisfaire les exigences d’un régime autoritaire.

• Bahar Kimyongür va passer cinq années en prison alors qu’il n’a commis aucun délit en Belgique, en Turquie ou ailleurs ; qu’il n’a fait qu’exprimer un point vue critique et qu’il s’est organisé en conséquence.

• Au moment où nous écrivons ces lignes (*), Bahar Kimyongür est coupé du monde extérieur depuis son incarcération dans la nuit de mardi à mercredi, sans que personne ne sache où il se trouve exactement. Il subit des conditions de détention inhumaines et dégradantes ? Certainement la torture par l’isolement. Notre Etat expérimente ainsi un «Guantanamo à la belge» afin de casser psychologiquement et physiquement les prisonniers politiques ?

Réagissons, revendiquons la «Liberté pour Bahar» !
Participez aux actions du Clea !

Concrètement, vous pouvez

(*) Nous apprendrions quelques jours pluis tard que Bahar Kimyongür avait passé plus de douze heures d'enfer dans un cachot froid et insalubre avant d'être transféré, toujours en état d'isolement, vers une cellule un peu plus décente.

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Le 25 mai prochain, le procès DHKC -dans lequel Bahar, Musa, Sukriye, Kaya... sont à nouveau passibles d'un total de 37 ans de prison- recommencera depuis le début.Dans l'affaire DHKC, c'est le militantisme que l'Etat belge cherche à criminaliser et c'est donc le monde du Travail dans son ensemble qui doit se sentir menacé par ce procès. La « crise » ravive le conflit séculaire entre le Capital et le Travail : ni les astreintes, ni les écoutes ; ni les matraques, ni les lois antiterroristes ne pourront y mettre fin.

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Reprise du procès DHKP-C à la Cour d’appel de Bruxelles :
Rassemblons-nous dès 8h30 le 25 mai pour marquer notre solidarité avec ces militants victimes des lois liberticides !

• Notez la date dans votre agenda, ces militants ne doivent plus retourner en prison !


N'oublions pas :

Le lundi 25 mai 2009, à 9h., reprendra le procès DHKP-C à la Cour d'appel de Bruxelles (rassemblement dès 8h30). La saga judiciaire se poursuit donc après trois jugements de fond et deux cassations.

Dans cette affaire, renvoyant devant les juges des membres présumés d’une organisation révolutionnaire turque que la police belge présente comme terroriste, deux camps s’opposent.
Le procureur fédéral est le représentant de la doctrine propagée suite au 11 septembre par George W. Bush. Sous couvert de «guerre mondiale contre le terrorisme», il s’acharne à criminaliser des militants en mettant à mal des droits et libertés pourtant protégés par la Constitution belge.

Face à lui se rassemblent des citoyens attachés à la liberté d’expression et à la liberté d’association. En marquant leur solidarité avec des opposants politiques au régime d’Ankara, ils rappellent qu’en ces temps de crise du système, contester les injustices sociales s’avère plus que jamais nécessaire.

Nous refusons d’être muselés !
Nous refusons de nous taire !
Nous exigeons l’abrogation des lois liberticides !

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Le lundi 25 mai, reprendra le procès DHKC à la Cour d'appel de Bruxelles. Bahar, Musa, Kaya, Sukriye y sont à nouveau poursuivis par le procureur Delmulle. Etre présents en nombre au Palais de Justice de Bruxelles pour soutenir ces militants, constitue la meilleure façon de s'opposer à la loi « antiterroriste » et d'éviter un précédent judiciaire fatal pour tous ceux qui contestent l'ordre établi. « Tous au Palais »



VENEZ NOMBREUX !
Bahar, Musa, Sukriye, Kaya ne sont ni des malfaiteurs,
ni des criminels, ni des terroristes.
Luttons pour que ces militants ne retournent pas en prison !

S'exprimer, s'organiser, contester : ce n'est pas du terrorisme !
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  ARTICLE A LA UNE
Liberté pour Ilker et Sefik (le 05/05/2009 à 16h09)

Liberté pour Ilker et Sefik

Le Comité français des libertés vient de publier un appel à la solidarité avec les détenus politiques d'origine turque Ilker ALCAN et Sefik SARIKAYA. Tous deux paient chèrement le prix de leur engagement en faveur d'une Turquie indépendante, démocratique et socialiste. Ilker ALCAN est un journaliste issu de la prestigieuse université de Galatasaray. Il passa de nombreuses années dans les prisons turques et survécut aux plus atroces tortures. Sa soeur Nilufer Alcan elle, périt avec 5 autres prisonnières dans les flammes boutées à leur dortoir de la prison de Bayrampasa par les militaires, durant l'assaut sanglant du 19 décembre 2000, une opération destinée à déporter les détenus politiques vers les prisons cellulaires de type F. Militant politique infatigable aux origines turques et arméniennes, Sefik Sarikaya est connu et respecté dans l'émigration anatolienne pour sa générosité et son humilité. Il a passé près de dix ans dans les prisons françaises pour son appartenance au DHKP-C dans une précédente affaire politico-judiciaire.

N'hésitons pas à leur écrire.

Ilker ALCAN
N° 367 643 D4
Maison d'Arrêt de Fleury-Merogis
7, Avenue des Peupliers
91705 SAINTE GENEVIEVE DES BOIS / PARIS




Sefik SARIKAYA
N° 289706 Cellule 1/107
Maison d'Arrêt de la Santé
42, Rue de la Santé
75014 PARIS - France



Ilker ALCAN et Sefik SARIKAYA
Jugés en France pour leur opposition au régime fasciste d’Ankara

Le 9 juin et le 20 octobre 2008 à 6h du matin, les commandos de la SDAT (Sous-direction anti-terroriste) firent irruption dans plusieurs domiciles ainsi que dans les locaux de l’Association anatolienne de culture et de solidarité de Paris. Cette intervention policière fut d’une rare violence : portes brisées, appartements saccagés, femmes et enfants plaqués au sol, armes pointées sur les tempes… Au total, 13 personnes ont été mises en garde à vue et en examen. Cible de cette opération: une association culturelle ordinaire ainsi que ses adhérents, qui défendent depuis des années les droits des travailleurs immigrés originaires de Turquie et qui s’opposent au régime fasciste d’Ankara. Tous sont accusés d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
Mais les véritables chefs d’inculpation sont la tenue de manifestations, de conférences de presse parfaitement légales bénéficiant de l’accord de la préfecture et la vente de l’hebdomadaire Yürüyüs (La Marche), une publication de gauche imprimée et distribuée légalement, même en Turquie.

D’après le juge d’instruction : « les actions qu’ils mènent sont légales, mais servent à soutenir des réseaux clandestins hostiles au régime en Turquie. Par conséquent, leurs actions doivent être considérées comme terroristes et poursuivies en vertu des lois anti-terroristes. »

En réalité, nos camarades sont en prison pour leur opposition au régime fasciste d’Ankara, pour avoir défendu les libertés d’expression et d’association, pour avoir lutté contre des lois et des mesures antidémocratiques, pour avoir soutenu les travailleurs licenciés, les droits des étudiants, en somme, pour avoir défendu les sans-droits, les opprimés et les exploités.
Malgré l’absence de preuves, malgré le fait que les perquisitions n’aient révélé aucune activité illégale, Ilker Alcan et Sefik Sarikaya sont détenus depuis le 9 juin 2008.
Treize autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de quitter le département où ils résident, de rencontrer leurs co-inculpés, de se rendre dans des associations fréquentées par des gens originaires de Turquie, de lire des revues de gauche imprimées en Turquie, mêmes légales.
Depuis 2006, on observe une augmentation sensible des poursuites judiciaires, des opérations de filature et des gardes a vue en France.
Il y a actuellement près de 1.200 prisonniers politiques dans les prisons françaises, et ce nombre s’accroît constamment.
Pourtant, ce qui se fait au nom de la guerre contre le terrorisme, n’a rien à voir avec l’objectif déclaré. Il s’agit en réalité d’une guerre contre des droits et des libertés fondamentales acquises au prix de grands sacrifices.

L’ANTIFASCISME, UN ENGAGEMENT LÉGITIME

Si les militants poursuivis ont fait le choix de lutter, ce n’est pas par plaisir mais par sens du devoir et par humanisme. La répression ne les empêchera pas de poursuivre un combat qu’ils considèrent comme légitime.
La France entretient des rapports politico-économiques privilégiés avec la Turquie .C’est par souci de ménager ces relations que la France répond aux exigences de l’Etat turc.
En réalité, au-delà du sort des 13 antifascistes originaires de Turquie, le procès politique dont il est ici question, a pour enjeu la sauvegarde voire la survie des droits et des libertés fondamentales dans la patrie des droits de l’homme.
Le peuple français qui a remporté de glorieuses luttes contre la tyrannie et contre le nazisme ne mérite sans doute pas un tel affront que celui de voir son pays collaborer avec un Etat fasciste.
D’autant que le juge chargé de l’affaire s’est rendu en Turquie pour recueillir des preuves à l’encontre des inculpés. Ce dernier a été jusqu’à intimider l’imprimeur du quotidien légal « Yürüyüs » à Istanbul !
En Turquie, la lutte pour la démocratie n’a jamais pu être anéantie, malgré les juntes militaires, la torture, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions politiques et les massacres. Et voilà que l’Etat français se met à encourager nos bourreaux dans notre pays d’origine.
Nous pensons que les magistrats qui agissent au nom de la France n’ont pas à jouer ce rôle infâme et à rendre ainsi la population française complice de leurs agissements.
Quoiqu’il advienne de nous, nous continuerons à défendre nos droits, dont les libertés d’expression et d’association, aux côtés du peuple français.

A ceux qui, en France, veulent nous bâillonner, nous demandons :
Est-ce un crime en France que d’être antifasciste ?
Est-ce un crime en France que de dénoncer les crimes de l’Etat fasciste qui sévit en Turquie ?
Nous exigeons de la part des tribunaux français :
- La fin de leur collaboration avec le régime répressif en Turquie au nom des intérêts économiques qui lient les deux pays.
- L’annulation de l’instruction visant nos camarades et leur libération
- La fin des poursuites contre les révolutionnaires anatoliens sur le territoire français
- L’arrêt de l’utilisation de la loi anti-terroriste contre les militants politiques
- La libération de tous les détenus politiques

Résister contre le fascisme n’est pas un crime

Liberté pour Ilker et Sefik


Comité des libertés - France
comitedeslibertes@gmail.com

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