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| Depuis le 22/08/2006 |
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EDITO |
- Sima Xer Ame, Bienvenue, Hosgeldiniz -
Association Culturelle Munzur (Paris)
Président : Onur Konak Secrétaire / Vice présidente : Derya Yalçin Vice Présidente: Emel Yerlikaya Trésorerie: Sibel Yalçin
PREMIER Projet Humanitaire : Ensemble Pour Dersim / Dersim için Birlikte
Chers membres, participants et collaborateurs,
Voilà maintenant près de trois ans, que pris naissance notre désir de créer l'Association Culturelle Munzur et ainsi proposer, organiser par le biais de cette association, plusieurs projets humanitaires, dont un premier (projet ENSEMBLE POUR DERSIM- DERSIM ICIN BIRLIKTE) dans le but d’aider les enfants de Dersim.
Le temps est passé, les idées ont fleuris, de belles rencontres se sont faites, et le projet s’est mis en place petit à petit.
Pour commencer, notre association sera d’ordre culturelle et humanitaire. L'association organisera au fil du temps, des projets (missions) humanitaires. Le premier projet qui sera mis en place dans les jour à venir, aura pour but de venir en aide aux enfants habitant la région de Dersim .
Pourquoi principalement Dersim ?
Parce que c’est une région que nous connaissons assez bien, et qui nous est familière, la plupart d’entre nous y étant originaire. C’est donc dans un soucis d’une prise en charge, et d’une action de bonne qualité, que nous avons décidé de commencer à venir en aide aux enfants de cette région.
Pourquoi les enfants ?
Parce que l’enfant c’est symbole de changement, de futur, de construction, d’éducation. Dans un monde en pleine mutation et en pleine crise, ils sont les premières victimes des fléaux qui guettent la société. En les aidant dans leur quotidien, et surtout au niveau de l’éducation, ils auront ainsi de solides bases, un bon départ pour commencer leur vie, avoir les chances d’assurer un meilleur avenir dans cette région où le manque d’infrastructures, d’aide de l’état, ainsi que la pauvreté, sont de sérieux obstacles à leur développement, tant personnel que collectif.
Notre objectif sera de leur venir en aide principalement au niveau de l’éducation. Par la suite, avec l’évolution de l’association, nous pourrions participer à la construction d’infrastructures (écoles, centres culturel, bibliothèques, librairies etc.).
C’est un projet bien ambitieux que nous avons décider d’entreprendre. Il n’y a pas de recette magique pour sa construction, il nous faut comme ingrédient du temps, de la patience, un soutien considérable , de personnes courageuses et motivées, avec une poigne de déterminisme et les choses se mettrons petit à petit en place.
Nous avons entrepris des démarches administratives pour l’officialisation de l’Association Culturelle Munzur à Paris et ainsi mettre en oeuvre ce premier projet, cette première mission humanitaire. Tout est sur le point de se concrétiser. Le siège sera sur Paris, la place et le lieu ne sont pas encore établis.
L'Association Culturelle Munzur est enfin sur le journal officiel.
Pour plus d’informations vous pouvez nous joindre sur les boîtes e-mails suivants : derya.acmunzur@live.fr acmunzur@live.fr
Des rencontres artistiques et culturelles auront lieu dans les temps à venir, nous vous tiendrons au courant. Merci à tous et à toutes pour votre attention et votre soutien, nous en avons besoin.
A bientôt,
L’ASSOCIATION CULTURELLE MUNZUR (Paris)
> > > > > GALLERIE PHOTO < < < < <
SEYIDEDERSIMI@HOTMAIL.FR
ACMUNZUR@LIVE.FR
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ARTICLE A LA UNE |
| Mon pays - Ferhat Tunç par Berçem Adar (www.bersiv.com) (le 06/11/2009 à 03h03) |
Le site kurde Bersiv vous présente un article- témoignage du chanteur
kurde engagé, Ferhat Tunç. Originaire de Dersim, Ferhat Tunç est un
fervent militant qui lutte pour le respect des Droits de l’Homme en
Turquieet la démocratisation du pays. A ce titre, il a été plusieurs
fois arrêté et poursuivi en justice.
Il y a quelques jours j’étais à Dersim [NDLR: Tunceli en turc] pour
tourner le premier clip de mon nouvel album “Çığlıklar ülkesi“. C’est
avec Ahmet Cana Akyol que nous avons écris la chanson “Memleketim”
[NDLR: mon pays]. Dans la mesure où les paroles de la chanson visaient
tout particulièrement Dersim, il était nécessaire et naturel que nous
tournions le clip à Dersim.
Nous avons commencé ce travail visuel à Tulik, un village lié à Paxe
Havig, où je suis né et où j’ai passé mon enfance. Tulik est un village
construit et habité il y a des siècles par mes grands parents qui ont
travaillé dure sous les griffes de la pauvreté et de la faim. Ce sont
nos parents proches qui habitaient ce village construit sur les
hauteurs et entouré de forêts de chênes. Enfants de cette époque, nous
vivions libres et heureux dans cet aimable village. Mais à présent, il
ne reste plus aucune trace de ce village aimable et vivant…
Autant dire qu’il est comme un orphelin, seul au milieu des décombres
et du profond silence. Les villages voisins qui se trouvent aux
alentours sont dans la même situation. Elles sont loin, très loin ces
années enjouées, pleines de vies où les voix humaines se mêlaient les
unes aux autres. L’Histoire, avec toute sa cruauté, a enveloppé nos
villages dans un profond et sinistre silence.
Mon grand père qui était l’un des plus anciens de ce village, “Meme Ale
Suoku”, avec sa grande taille, sa puissante corpulence et sa voix forte
était la source de joie de notre village. Je lui voué, en tant que
petit-enfant, une grande admiration et une profonde affection. Sa vie
légendaire était la principale raison de mon admiration pour lui.
Mon grand père ne disait rien des souffrances et des tortures qu’il a
enfermé dans son existence. Mais ceux qui le connaissaient racontaient
comment en 1938, lorsqu’il a été capturé sur la Montagne Blanche (Beyaz
Dağ), il a fait preuve de résistance et a été laissé pour mort après
que sa peau ait été égratignée.
Laissé pour mort, mon grand père a été sauvé par sa mère qui
connaissait le turc. Elle s’est adressée aux militaires en fonctions,
avec un turc très correct, et leur a dit ” La personne que vous avez
tué est mon fils, veuillez au moins me livrer son corps”. Les
militaires n’ont pas refusé la demande de cette vieille femme qui
parlait un turc correct et lui ont livré le corps de mon grand-père,
laissé pour mort. Après des heures de route, la mère sursauta au
gémissement de son fils qu’elle avait placé sur le dos d’un cheval, le
croyant mort. Elle l’a tout de suite descendu du cheval et le fit boire
avec fébrilité. Plus tard, elle ramassa quelques herbes dans la forêt
pour bander sa peau égratinée et son corps plein de sang et a essayé de
soigner ces blessures. Mon grand-père a pu se reprendre après des mois
de traitements différents à base de multiples plantes et herbes
sauvages…
L’esprit traumatisé et ébranlé de Dersim
Mon oncle Bekir, fils ainé de mon grand père, s’est suicidé, il y a
quelques semaines, à l’âge de 80 ans, par pendaison dans l’appartement
où il vivait seul situé dans le quartier de Esen Tepe. Mon oncle a
travaillé à chaque étape de sa vie entachée de souffrances. Depuis le
décès de sa femme, il y a des années, il vivait dans une grande
sollitude. Il n’a pu résister davantages et le suicide a été pour lui
la seule solution. Mon oncle n’est pas le seul à s’être suicidé à
Dersim ces derniers temps. En un mois près de 7 hommes se sont
suicidés. Le fait est que la majorité d’entre eux soient des jeunes
nous intrigue au plus haut degré. Nous avons discuté de la situation
avec notre mairesse Edibe Sahin [NDRL: mairesse de Dersim et membre du
DTP]lorsque nous lui avons rendu visite. Dersim n’a toujours pas su
échapper à cet état d’âme profondément tragique et tenaille qui prend
ses sources en 1938. Et il n’est pas difficile de comprendre le
problème auquel nous sommes confrontés lorsqu’on ajoute à cela les
catastrophes et les dégâts que la guerre a porté depuis maintenant ces
trentes dernières années.
Après avoir terminé le tournage du clip à Tulip, nous sommes partis au
village de Bornage lié à Hozat. Bornage est un de ces villages
d’exceptions qui n’a rien perdu de son tissu, où nos anciens continuent
d’y rester et d’y vivre avec obstination. Les personnes agées de ce
village formé de maisons de terres et de pierres nous ont embrassé avec
un grand amour et nous ont aidé durant tout le temps du tournage.
Durant toutes ces activités, j’étais accompagné de mon oncle originaire
de Pilvenk, Hüseyin Katurman. J’ai eu la chance non seulement de
constater les talents d’acteurs de mon oncle Hüseyin Katurman qui,
malgré son âge avancé nous accompagnait sans montrer le moindre signe
de fatigue, mais aussi d’écouter avec une oreille attentive ce qu’il
avait à dire à propos de Dersim. Il est important qu’il y ait encore
des témoins des massacres commis à Dersim. Nous pouvons apprendre
encore beaucoup de ces gens. Apprendre et parvenir à un but juste avec
ce que nous avons appris…. Vivre en pensant que notre langue, notre
culture et notre croyant, véritable marque de notre identité, portent
encore plus d’importance aujourd’hui et s’approprier le patrimoine de
nos pères… C’est cette valeur qui fait de nous ce que nous sommes.
C’est pour cela que nous nous débattons, nous attristons ou nous
mettons en colère.
“Les chasseurs”
Après les quelques plans réalisés dans ce village, Ovacik était notre
nouvelle direction. En allant à Ovacik, sur le pont Venk, nous avons
changé d’avis et nous nous sommes dirigés vers Zağge. Pendant le
tournage, nous avons vécu d’étranges moments dans cette vallée creuse
que je voyais pour la première fois et dont j’ai été pour ainsi dire
envoutée.
Pendant le tournage, nous avons remarqué une présence qui, juste au
dessus de nous dans la forêt, nous observait avec des jumelles. Oui, il
s’agissait de militaires qui nous observaient avec des jumelles. Ils
étaient dans cette forêt comme des chasseurs embusqués qui attendaient
leurs proies. En Turquie, pendant que se poursuivent les débats sur la
paix, eux ont comme l’air de partir à la “chasse”. Peut être
savaient-ils qu’en essayant de “chasser”, un problème qui leur ait
semblable les attendrait. J’étais bouleversé, mon coeur brûlait et j’ai
maudit, encore une fois, cette violence et ce conflit qui éprouve tant
la population….
Nous avons continué le tournage en mettant la musique à fond. Pour
qu’ils puissent aussi écouter. Qui sait, peut être avons nous animé au
fond d’eux le songe d’une ère où personne ne voudrait s’entretuer. L’un
est soldat, l’autre est guerilleros. Je suis certain que les deux camps
nous ont entendu. Mettre un terme aux douleurs vécus et aux morts était
le cri du message que nous avons tenté de leur faire parvenir par
l’échos du son et de la musique…
Ferhat Tunc, Memleketim Ah Memleketim, 19 juin 2009,
Traduit par Bercem Adar pour Bersîv.
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ARTICLE A LA UNE |
| Dersim, Le destin d’un peuple… (Bego) partie 1 (le 25/08/2009 à 22h57) |
Dersim, Le destin d’un peuple… (Bego)
Des maisons anciennes, des
ruines, un relief montagneux assez diversifié dont la grande chaîne de
montagnes de Munzur (3462 mètres d’altitude), de nombreux cours d’eau (
la source du Munzur), … l’envoûtante région de Dêrsim est le berceau de
la révolte kurde. C’est certes une fierté pour les Dêrsimîs mais il en
est aussi un désavantage pour la population de Dêrsim. En effet, la
région de Dêrsim est pour cette raison soumise à un traitement spécial
et la pression sur la population kurde est fortement ressentie.
Une grande partie de la
population avait été déportée dans d’autres régions, certains ont
préféré quitter le pays afin de fuir la guerre, la barbarie et le
traitement inhumain qu’on leur faisait subir et avec l’espoir de
pouvoir garantir la vie et l’avenir de leur famille. Aujourd’hui, on
constate que petit à petit, une grande partie de ces Dersimîs rentrent
définitivement chez eux, dans leurs villages natals, principalement dès
leur retraite; certains reviennent y passer les vacances d’été en
famille afin de faire un retour aux sources . Comme dirait Phillipe
Boulanger dans son livre ” Le Destin des Kurdes” : ” Cette ville est
trop belle pour y mourir, trop belle pour ne pas y vivre. Suites aux
différentes révoltes kurdes, Dersim du bien-vivre est devenu Dersim du
mal-vivre.”
Merci monsieur Boulanger
pour cette phrase si triste mais tout de même si belle et si vraie.
Elle résume parfaitement la situation du Dêrsim aujourd’hui et depuis
des decennies, voire depuis un siècle. Ce livre “Le Destin des Kurdes”
traite si bien le sujet que je ne pourrais m’empêcher d’y puiser les
idées ou d’en citer quelques passages. 
Revenons à nos moutons.
Depuis des années, deux problèmes majeurs handicapent la région: la
présence trop importante, voire étouffante des militaires et le manque
de travail pour la population dêrsimîe. Je me souviens d’ailleurs du
fiasco des élections locales de 2009 en Turquie pour l’ “AKP” (Adalet
ve Kalkınma Partisi) de Gül et Erdogan. En effet, afin de séduire la
population , le AKP n’a cessé d’organiser ses missions soit-disant
“humanitaires” à Dêrsim, en envoyant des machines à laver, des
réfrigérateurs, des téléviseurs,… tout ce que la population ne
réclamait pas. Et oui, souvenez vous de cet enfant qui, devant les
caméras, avait crié : ” Monsieur le président, ne nous donnez pas de
télévisions, de frigos, mais du travail à mon papa ! Si mon papa ne
travaille pas et ne gagne pas d’argent, comment ces réfrigérateurs
vont-ils se remplir ? ” Comme dit encore Mr Phillipe Boulanger ( Le
Destin des Kurdes) : “Les villageois, dans l’impossibilité de
travailler, devisent dans les cafés. On constate alors bien que les
problèmes économiques sont une des causes de la précarité des Dêrsimis
: pas de travail, pas d’argent, pas de moyen de s’affirmer et de
s’épanouir, uniquement du temps à tuer.”
Comme je le disais en
début, la région de Dersim est soumise à un traîtement spécial, des
contrôles tous les quelques kilomètres, à chaques entrée des
différentes communes de la région, la présence étouffante des
militaires et les contrôles en tous genres. “ Beaucoup des habitants du
Dersim dépendent de l’argent qu’ils reçoivent d’un membre de leur
famille établi en Europe de l’Ouest. Le courrier que reçoivent les
habitants est, bien evidemment, ouvert par l’administration turque et
les provisions sont étroitements controlées: la personne qui est en
possession de quantités de provisions supérieures à celles imposées par
les quotas inscrits dans des carnets est immédiatement suspectée de
cacher un membre de la guérilla. Les gens ont peur de parler…”
(Phillipe Boulanger). En effet, les gens ont peur de parler, c’est
d’ailleurs pour cela que beaucoup ont, à l’époque, quitté la région;
trop dangereuse…
Ce texte peut parraître
assez confus, sans doute parce que décrire la région de Dêrsim, c’est
décrire une région prisonnière de tous les mensonges et du désordre.
J’ai voulu souligner dans cet article, les problèmes fondamentaux qui
handicapent la région du Dêrsim et souligner le fait que Dêrsim est le
berceau de la révolte kurde. Il y aurait tellement de problèmes à
souligner, d’injustices, de mensonges et de crimes à dénoncer que cela
n’en finirait pas. Je vais donc vous écrire tou cela en plusieurs
articles, plusieurs parties au fur et à mesure.
Bego, Seyidersimi & Bersiv
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ARTICLE A LA UNE |
| Kurde, Turc ou Alévi? (DERSIM, LE DESTIN D’UN PEUPLE 2eme partie, bego) (le 25/08/2009 à 22h52) |
Kurde, Turc ou Alévi? (DERSIM, LE DESTIN D’UN PEUPLE 2eme partie, bego (Bersiv.com) ) J’ai aujourd’hui encore constaté que beaucoup de personnes originaires du Dersim, principalement “alévies”, semblent égarées. ” Je ne suis ni Turc, ni Kurde, je suis Alévi” m’a t-on dit. ” Je ne suis pas Dersimli mais Tunceli ! ” ou bien ” Je ne suis pas Kurde mais Zaza“, ” les Kurdes ne sont pas comme nous, ils sont sunnites; nous, nous sommes des Alévis” … m’a-t-on répété. Et bien pire encore, ” le Kurmanci c’est la religion de Dêrsim” . Bref, j’ai entendu des choses incompréhensibles, parfois illogiques, insensées à mes yeux, et des fois plus qu’absurdes. QUAND ALLONS-NOUS ENFIN APPRENDRE LA VERITE? SOMMES- NOUS KURDES ALEVIS ? OU NI KURDES NI TURCS MAIS ALEVIS ? SOMMES-NOUS KURDES OU ZAZAS ? Des Questions qui sont posées depuis maintenant bien des décennies, mais dont personne n’a su en donner une réponse concrète. C’est sans doute pour ça que les générations d’aujourd’hui dont nous faisons partie sont aussi égarées… Je vais aujourd’hui me concentrer principalement sur la question ” Kurde/Turc Alevi du Dersim” ou “Alevis du Dersim?” Dans la région du Dersim, on trouve de tout…des Kurdes, des Arméniens…Des chrétiens, des alévis et une petite minorité de Turcs et musulmans sunnites. En effet, le Dersim est une région principalement “Alévie” . ” Les alevis sont considérés par beaucoup d’observateurs comme étant plus libéraux et progressistes que les musulmans orthodoxes - il est vrai, à certains égards, qu’il est permis de parler de dynamique alévie.”(P.Boulanger) Si on les juge “au canon sunnite et de la charia”, écrit Hans Lukas Kieser, ” les alevis sont clairement des hérétiques: ils n’acceptent pas la charia, ne considèrent pas comme obligatoires les cinq piliers de l’Islam, ne pratiquent pas les ablutions rituelles, n’attribuent aux livres saints qu’une importance de témoignage, ne se réunissent pas dans les mosquées et ne respectent pas l’arabe comme langue de culte **.” Sans doute à cause de leur particularisme, les alévis sont souvent et sévèrement attaqués, rabaissés. Ils ont souvent été les cibles d’actions violentes ( exemple : Massacre de Sivas, 2 Juillet 1993). ” Leur particularisme culturel dérange encore les Turcs ou encore les Kurdes sunnites.” Et oui, c’est sans doute pour ça que de nombreux Kurdes Alévis comme ceux que j’ai rencontrés récemment s’égarent en criant : ” Nous ne sommes ni des Turcs ni des Kurdes, mais des Alévis! “ et cela se remarque surtout chez de nombreux Kurdes Alévis vivant en Europe. Je vais encore faire référence à Phillipe Boulanger qui écrit : ” La morale des alévis, très attachés à leur identité, est caractérisée par une devise courte mais explicite : eline, diline, beline sahip ol ( Sois le maître de ta main, de ta langue et de tes désirs)” Les Kurdes Alévis ont aussi été victimes des heurts “sunnites-alévis”. Ils donnent l’impression de se sentir plus proches de “leur coreligionnaires de langue Turque que des Kurdes sunnites”. ” Le degré de netteté de la frontière entre Kurdes alévis et Kurdes sunnites n’est pas clairement connu.” souligne le Néerlandais Martin Van Bruinessen , spécialiste de la question Kurde. ” L’attachement des alévis à leur confession, si singulière et séduisante, est très fort ; il peut expliquer leur état d’esprit parfois très communautaire, y compris à l’encontre des Kurdes d’une autre confession.” ” Les alévis font en effet preuve d’un fort attachement à leur identité, en Europe autant qu’au Kurdistan. “ Nous sommes différents de vous, nous sommes ce que nous sommes, et nous restons de notre côté.” est le refrain qu’ils mettent souvent en avant pour légimiter leur particularisme - auquel on peut opposer immédiatement le suivant : ” Nous sommes différents de vous, nous sommes ce que nous sommes, et nous faisons un bout de chemin tous ensemble”. On pourrait parfois s’inquiéter de cet hermétisme alévi qui peut desservir la communauté kurde dans son ensemble. ” |
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ARTICLE A LA UNE |
| Massacre de Dersim, un Génocide? (le 17/05/2009 à 22h56) |
« Kamkê asle ru nas ne keno, rojta na dinara dur maneno.
Celui qui ne connaît pas ses origines, est loin de la lumière.»
( Sey Khekilo Kuresiz )
J’ai aujourd’hui constaté que beaucoup de personnes d’origine Kurdes
du Dersim ( région située à l’Est de la Turquie) n’acceptent toujours
pas le massacre de 1938 à Dersim comme étant un ” Génocide “.
“Ce qui est fait est fait “, m’a t-on dit. ” Si les Dersimis avaient acceptés de coopérer avec l’Etat et l’Armée Turque, rien de tout ça ne serait arrivé “ ajoute le jeune Dersimi, “Ils n’ont pas suivi les règles”.
QUELLES REGLES ?? Celle de se taire, d’accepter d’être “turquisé”?
Celle de renoncer à sa culture, à sa langue ? Celle d’oublier son
identité pour en accepter une qui nous est imposée ? Pourquoi ?
Résumons brièvement la situation: Dersim est le nom d’une région
située à l’Est de la Turquie. Y vivent plusieurs éthnies dont les
Kurdes et Arméniens. Notons que les jeunes-turcs accusaient les
arméniens de l’Empire Ottoman de complot et de pactiser avec les
Russes. Dersim, région peuplée de minorités (dont les Kurdes et les
Arméniens), de résistants…
Le fondateur de la Turquie, Mustafa Kemal Atatürk, veut en quelque
sorte instaurer une nouvelle loi concernant ”l’assimilation de Dersim”.
Celui-ci qualifie d’ailleurs cela à « une mission de civilisation », en
bref celui-ci veut « civiliser Dersim ».
« Dersim est une tumeur pour le gouvernement de la République. Quel que
soit le prix, cette tumeur doit être enlevée grâce à une opération
définitive ». (Atatürk)
En 1935, cette nouvelle loi est instaurée. L’utilisation du
nom « Dersim » est interdite, et la ville est renommée en “Tunceli”.
En 1937, l’armée turque prend position à Dersim. Les militants
Dersimis poursuivent la résistance alors l’armée Turque commence à
réorganiser des opérations militaires pour une nouvelle offensive
l’année suivante. Le chef de la résistance, Seyit Riza est arrêté et
ensuite exécuté le 18 novembre en 1937 à l’âge de 81 ans. Pourtant, la
loi interdisait l’exécution des personnes ayants un tel âge. Cette «
opération » ou comme dirait le Chef Atatürk « cette mission de
civilisation », dure deux ans. Ces deux ans sont un enfer pour la
population Dersimis.
En effet cette opération tourne au massacre. Résultat, on compte
environ 80 000 morts, plusieurs villages brûlés et des milliers de
personnes déportées vers l’Ouest de l’Anatolie. Dersim connaît d’autres
problèmes au cours de cette opération, tels que des exils, des
disparitions, des prises d’otages de villes entières, des tortures,
l’interdiction des manifestations de leur langue, leur culture ainsi
que leurs croyances.
” Ce qui est fait est fait, si les Dersimis avaient
coopérer, rien de tout cela ne serait arrivé … , ils n’ont pas suivi
les règles “.
Ce jeune Dersimi estime donc que les Dersimis devaient se soumettre
“aux règles”, aux lois imposées par la République de Turquie. C’est en
tout cas ce que je comprends dans ces propos…
Rapellons tout de même que certaines de ces “règles” qu’ils devaient
respecter étaient par exemples: parler , apprendre et enseigner le
“turc”, interdiction de parler, d’enseigner le Kurde, interdiction aux
Kurdes ( commes aux Arméniens d’ailleurs) de pratiquer leur cultures,
leur rîtes… Bref, en gros : Devenir Turc, Oublier son identité Kurde (
ou autre), sa langue maternelle, ne plus pratiquer sa culture, n’être
rien d’autre que Turc !!
Pourquoi étaient-ils obligés de coopérer? Quel a été leur crime?
Refuser le système? Affirmer leur identité? Refuser d’envoyer leurs
enfants à l’armée? N’étaient - ils pas des Êtres-Humains, qui en plus
étaient déjà là avant la fondation de la République ? Ces gens ont agit
tout en usant de leur droit de refuser, d’exprimer leur désaccord! Cela
ne donne aucune raison à l’armée et à l’Etat de les massacrer. Si
l’armée ou l’Etat avait agit non comme des “barbares” mais comme des
être-humains, ils auraient compris ce qu’était la dignité, le respect
et la tolérance et 80 000 personnes n’y auraient pas laissé leur vies .
On parle ici de 80 000 morts, des centaines et centaines de villages
brûlés, des familles détruites, déportées, des personnes torturées, des
éxécutions sommaires, des filles et femmes violées et jetées dans la
rivière… La cause? le Refus de coopérer? NON, refus d’être “turquisé”
par la force, refus de se rabaisser , refus de perdre son identité,
tout simplement faire comprendre qu’ils étaient des Êtres humains et
non des pions.
Ces mêmes personnes, qui condamnent les Dersimis, les accusant de ne
pas avoir respecté les lois et d’avoir refusé de coopérer, se
contredisent. En effet, en 1935, la loi interdit l’utilisation du nom ”
Dersim” et la ville est renommée en « Tunceli » . Ces mêmes personnes
utilisent un mot Kurde, interdit par la loi (en 1935) et remplacé par
un nom en Turc. Il est important de relever que ” la loi de Tunceli “,
adoptée le 7 novembre 1935, a permis aux autorités turques de mener une
politique de terre brûlée dans la région kurde portant ce même nom.
Tunceli (la main de fer en turc), représente la marque de
l’ethnocide. Changer Dersim en Tunceli et l’accepter, c’est accepter
cet Etat et tout les actes qu’il a commit envers ce Peuple. Or, le
jeune Dersimi qui lui même refusait de considérer le massacre de Dersim
comme étant un génocide, refuse lui même de dire Tunceli.
” Accepter Tunceli, c’est renié notre histoire (les Dersimis).
Tunceli est un nom barbare, un nom étrangé, imposé par la force.
N’acceptons pas cette force, cette dictature. Dersim est un simple nom
diront certains. Oui, mais c’est Le Notre, celui de notre histoire, de
notre passée, c’est celui de notre identité. Ne l’oublions pas.”
” Notre culture est notre être
Notre identité est notre force
Notre langue est notre beauté “
” IL Y A DEUX MANIERES D’IGNORER LES CHOSES : LA
PREMIERE, C’EST DE LES IGNORER ; LA SECONDE C’EST DE LES IGNORER ET DE
CROIRE QU’ON LES SAIT. LA SECONDE EST PIRE QUE LA PREMIERE. ‘
(Victor Hugo) |
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ARTICLE A LA UNE |
| Ahmet Türk:”Les opérations militaires n’empêcheront pas la tenue de la Conférence Kurde.” (le 17/05/2009 à 22h47) |
En avant-première mondiale, Bersiv vous présente en français la longue mais très importante interview, par Neşe Düzel dans le journal turc Taraf du 27 avril, d’Ahmet Türk le co-président du Parti de la Société Démocratique (DTP) luttant pacifiquement pour la défense des droits légitimes du peuple kurde en Turquie: Pourquoi une interview d’Ahmet Türk? Il y avait vraiment une atmosphère positive. Des préparatifs pour la Conférence Kurde qui allait pour la première fois porter la représentation des Kurdes de tout le Moyen-Orient, étaient en cours; on pensait/espérait que cette conférence amènerait une solution globale à la Question Kurde et qu’elle serait un premier pas vers le désarmement du PKK. Brusquement, l’arrestation de dirigeants du DTP est survenue; 51 officiels du DTP ont été arrêtés. Mais le développement vraiment frappant est survenu après ces arrestations; un policier des Forces Spéciales a assommé au sol un garçon de 14 ans qui se trouvait dans un groupe d’enfants manifestant dans une zone rurale et il s’est mis à lui frapper violemment le crâne à coups de crosse de mitraillette, à le frapper encore et encore, et il l’a tabassé autant qu’il pouvait. C’était comme si quelqu’un voulait délibérément faire voler en éclats l’atmosphère de paix. Avec le co-président du Parti de la Société Démocratique (DTP) Ahmet Türk, nous avons parlé de sa perception de ces évènements. Nous l’avons interrogé sur l’avenir de la Conférence Kurde qui est censée avoir lieu à Hewlêr (Erbil) chez Barzani, sur si le DTP allait participer à la conférence ou pas, si le PKK était invité ou pas, sur comment éviter la violence que certains tentent d’exacerber et s’il y aura certains gestes réciproques pour calmer la situaton actuelle. NEŞE DÜZEL: Il y a actuellement une opération policière de grande envergure contre les cadres du DTP. Que pensez-vous du timing de cette opération? AHMET TÜRK: Nous nous attendions à plusieurs éventualités d’évolution après la victoire du DTP aux élections locales. Nous pensions que soit le pourcentage élevé de voix que nous avions reçu n’allait pas être toléré et que l’atmosphère deviendrait plus tendue, soit le soutien apporté par le peuple au DTP allait être accepté et qu’une logique de résolution de la Question Kurde se développerait. C’est la première hypothèse qui s’est réalisée: le fait que le DTP ait doublé son score et qu’il soit devenu le premier parti dans la Région Kurde à l’occasion des élections locales du 29 mars n’a pas été toléré et les opérations ont donc commencé. NEŞE DÜZEL: Qui sont ceux qui n’ont pas toléré les résultats des élections? AHMET TÜRK: Au premier plan, il y a le pouvoir politique [l'AKP]. Mais ce n’est pas une opération que le gouvernement a planifiée par lui-même. En Turquie, les hommes politiques sont sous contrôle. Lorsque le sujet a trait à la Question Kurde, l’AKP et ceux qui contrôlent les politiciens en Turquie s’accordent pour maintenir la politique de non-résolution, vieille de 80 ans et qui empêche que le problème soit résolu par des moyens démocratiques et pacifiques. Après tout nous savons que si l’AKP n’a pas été interdit c’est parce qu’il avait accepté un tel accord. ND: Êtes-vous en train de dire que les rafles contre les cadres du DTP sont la conséquence des élections locales? AT: C’est la première raison. La seconde est la déclaration du PKK suite aux élections. Le PKK a déclaré ceci: “Le peuple kurde a donné son soutien au DTP lors des élections. Nous apprécions positivement ce soutien. Pour ouvrir la voie à une solution pacifique, nous tairons les armes jusqu’au 1er juin.” Ils ont aussi précisé que si le moindre développement positif se présentait, ils prolongeraient leur cessez-le-feu unilatéral. Et bien voilà. Certains s’enrichissent grâce à ce conflit…alors les seigneurs de guerre se sont inquiétés. Car ils savent que si la Question Kurde est résolue par des moyens démocratiques, le processus d’adhésion de la Turquie à l’UE va s’accélérer et ils vont perdre le pouvoir. Ceux qui s’opposent à une solution pacifique du problème sont donc intervenus. La troisième raison de l’opération contre le DTP… ND: Oui, quelle est-elle? AT: La possibilité de paix dans la Région Kurde. Les Kurdes vivent dans 4 pays: Turquie, Iran, Irak et Syrie, au Moyen-Orient. Les politiciens kurdes des 4 parties cherchent à atteindre une décision commune de ce que sont les demandes du peuple kurde et à initier une période de paix dans cette région. Ceci aussi a dérangé l’Etat [turc]. Afin de stopper net tous ces développements pacifiques, il a attaqué le DTP. ND: Le PKK a mis fin à ce cessez-le-feu à cause de cette opération; pensez-vous que mettre fin au cessez-le-feu est la bonne décision? AT: Le PKK n’a pas mis fin au cessez-le-feu. Ils ont fait une déclaration jeudi dernier [23 avril] disant: “Il est devenu évident que l’Etat ne veut pas résoudre la Question Kurde. Malgré cela, nous honorerons notre décision comme nous l’avons déclaré auparavant jusqu’au 1er juin.” ND: Considérant que les opérations continuent, pensez-vous que mettre fin au cessez-le-feu après le 1er juin est la bonne décision? AT: Notre souhait est que le cessez-le-feu continue. La Question Kurde ne peut pas être résolue par les armes. Elle peut l’être par la démocratie. Nous n’avons jamais voulu que les armes reviennent à l’agenda. Nous savons que les armes causent de la souffrance et des larmes. Mais nous devons être réalistes. Faire la paix exige une volonté politique et de la détermination. S’il n’y a pas un pouvoir politique qui veuille la paix et qui croie en la paix, il ne peut pas y avoir une solution unilatérale. L’Etat doit entrer dans le processus de dire “oui” aux demandes de paix. Toute personne raisonnable ne devrait prendre aucun rôle dans le retour du temps des armes. Cela nous inquiète, c’est pour cela que nous crions ce slogan: “Asseyons-nous et résolvons ce problème par le dialogue”. ND: Qui devrait s’asseoir pour résoudre le problème? AT: Il y a des parties au conflit. Si le gouvernement est l’organe exécutif et qu’il est avec la volonté de la population alors nous nous baserons là-dessus et ferons part au gouvernement de nos demandes. Mais il n’y a aucun dialogue entre le gouvernement et nous. ND: Avez-vous tenu une quelconque sorte de réunion avec le gouvernement AKP ou le Premier ministre en tant que DTP? AT: Nous n’arrivons pas à rencontrer le gouvernement quand nous tentons de le faire. Nous leur avons demandé d’avoir une discussion mais cela a été en vain. ND: La Conférence Kurde est supposée avoir lieu bientôt à Hewlêr (Erbil). Est-ce que ces opérations vont empêcher la tenue de cette conférence? AT: Elles ne l’empêcheront pas. L’important ici est la détermination des Kurdes à tenir ensemble une conférence conjointe. Même si les officiels du DTP sont arrêtés, nous continuerons notre combat pour faire avancer le processus démocratique et nous garderons notre détermination à créer une atmosphère de dialogue. Et biensûr nous ne reculerons pas face à l’oppression qui nous est infligée. Ils ne devraient pas penser: “Nous avons arrêté 50 cadres du DTP, c’est la fin du DTP.” Cette pièce n’est pas terminée. Nous élèverons notre voix et les objections démocratiques à ces arrestations par nos actions et nos déclarations. ND: Les allégations sont que les cadres du DTP arrêtés ont des liens avec le PKK. Savez-vous quelquechose quant à ces allégations? AT: Jusqu’à ce jour, quand un Kurde formule des demandes concernant son identité, sa culture ou sa langue, il est d’office déclaré comme un membre du PKK. La revendication du peuple kurde de son identité, sa culture et sa langue était considérée comme une trahison, comme de l’ethno-nationalisme et comme un mouvement visant à diviser la pays. En fait, l’Etat nous dit ceci: “Soit vous vous taisez, soit je vous considère et vous traite comme des membres du PKK”. ND: S’il est prouvé que les officiels du DTP arrêtés ont vraiment des liens avec le PKK, est-ce que vous critiquerez encore ces arrestations? AT: Cette question n’a pas de sens. Ces personnes participent à la politique démocratique depuis le HEP, le DEP [prédécesseurs du DTP, fin des années 80, début des années 90], et ils n’ont jamais touché une arme ni pris le maquis. Ils sont arrêtés pour leurs opinions et parce qu’ils énoncent les réalités sociales. Par exemple, je dis: “le cessez-le-feu du PKK jusqu’au 1er juin est un pas important pour la paix”. Pour la seule raison que j’ai dit cela, demain je peux être poursuivi et jugé comme étant un membre du PKK. ND: Pourquoi? AT: Et bien, nos amis arrêtés ne disent pas autre chose. Eux aussi, comme moi, font des observations. Et essaient d’ouvrir la voie à des politiques démocratiques. Qu’on l’aime ou non, le PKK est une réalité. Après que le DTP ait été renforcé suite aux élections, le PKK a déclaré: “Nous devons donner une chance au DTP puisqu’ils ont le soutien du peuple [kurde]. Nous leur donnerons cette chance en taisant nos armes jusqu’au 1er juin”? Cela a été une décision positive. C’était une opportunité à saisir. Mais l’Etat a fait immédiatement le contraire. Ils ont essayé de faire annuler cette décision grâce aux opérations [contre le DTP]… ND: Une fois vous avez déclaré: “Nous avons la même base populaire que le PKK.” Est-il possible qu’il y ait des liens entre ces cadres du DTP et le PKK autres que cette base populaire commune? AT: Nous devons bien comprendre les développements dans le monde. Disons que des pas sont faits vers la paix et qu’en tant que DTP nous ayons eu des discussions avec le gouvernement et l’Etat. A la fin de ces pouparlers, l’Etat ne nous demandera-t-il pas ceci: “OK, si je fais ceci, est-ce que le PKK déposera les armes?” Oui, c’est ce que fera l’Etat. Et alors donc le PKK est une réalité et a un rôle dans tout cela. Si vous considérez ce rôle comme “avoir des liens avec le PKK”[sous-entendu qu'être un canal de dialogue entre l'Etat et le PKK dans un but de paix négociée serait un crime], vous ne pourrez obtenir aucun résultat. Il faut prendre en compte le fait qu’il faudra convaincre le PKK d’accepter les principes et projets de paix proposés. ND: Un groupe armé, quel que soit ce groupe, est un criminel au regard des lois. C’est ainsi dans le monde d’ailleurs. En tant que parlementaire, acceptez-vous le fait que tout groupe armé est criminal? AT: Il est nécessaire de clarifier le terme de “terreur/terrorisme”. Il est nécessaire de comprendre de façon adéquate Al-Qaida ou le Hamas. Il est nécessaire de comprendre correctement le PKK, le parti de Mandela et l’ancienne Organisation de Libération de la Palestine. ND: Commet cela doit-il être compris? AT: Si un mouvement a le soutien d’un peuple et qu’il agit dans le but de réaliser les demandes de ce peuple, il est indispensable de mettre ce mouvement dans une catégorie différente. Car si pour moi il est un mouvement terroriste, pour d’autres il n’est pas perçu ainsi [mais comme des héros]. Nous devons voir cette réalité. Le Hamas est aussi en l’occurence un groupe armé et pourtant le Premier ministre Erdogan les reçoit, tient des discussions avec eux et leur demande de jouer un rôle dans le processus de paix. Dans le passé, Mandela aussi a purgé une longue peine de prison, il avait été condamné en tant que terroriste, mais quand les conditions ont changé et qu’il y a eu une atmosphère propice au dialoque, personne n’a dit “Mandela est un terroriste”. Il a reçu le Prix Nobel de la Paix. Et pourtant son groupe n’avait-il pas également pris les armes? ND: Vous êtes mis en examen pour avoir dit qu’Abdullah Ocalan était comme Mandela… AT: Je dis cela concernant la situation. Sinon je ne pense pas que quiconque puisse être parfaitement identique à un autre. Et personne n’a d’ailleurs à être similaire à un autre. Par contre, les processus historiques fonctionnent ainsi. Les conditions sont établies et les pourparlers ont lieu. Nous pouvons aussi donner l’IRA comme exemple. ND: Êtes-vous entrain de dire qu’à la fin ils devront discuter avec Ocalan? AT: Ocalan n’en demande pas absolument tant. Il ne dit pas: “Si vous ne me parlez pas, rien ne se passera”. Il dit: “Je crois en la paix, et je souhaite la paix. Ce problème ne peut aucunement être résolu par les armes. Discutez avec moi de sorte que je puisse contribuer au processus de paix”. Et il montre les Kurdes, les NGO et le DTP comme les interlocuteurs auxquels ils devraient s’adresser pour tenir les pourparlers de paix. ND: Est-ce que le DTP a été invité à la Conférence Kurde à Hewlêr (Erbil)? AT: Biensûr… Depuis que cette idée a été formulée, nous avons tenu des discussions. Nous avons dit ceci: “Tous les Kurdes doivent pouvoir participer à cette conférence. Si même un seul bord n’y participe pas, cette conférence sera incomplète”. ND: Le PKK inclus? AT: Biensûr. Tout le monde doit y participer. Finalement, c’est le PKK qui porte les armes. C’est du PKK qu’il est débattu par cette conférence. Toutes les politiques qui sont développées et tous les évènements qui ont lieu sont basés sur lui. Si vous l’excluez, quelle est alors l’utilité de tenir cette conférence? ND: Est-ce que le PKK a été invité à cette conférence? Avez-vous des informations à ce sujet? AT: Je ne sais pas. Cette conférence est encore au stade des discussions. ND: Si le PKK n’est pas invité, est-ce que le DTP participera à la conférence? AT: Nous déciderons de l’attitude à adopter en fonction du sérieux de cette conférence. Nous regarderons comment elle sera structurée et combien elle se basera sur les solutions au problème. Pourquoi participerions-nous à une conférence vaine et inefficace? Il faut que ce soit une conférence efficace où l’on puisse arriver à des conclusions. ND: Une conférence sans le PKK sera-t-il inefficace? AT: Biensûr; elle serait déficiente. ND: A quel type de conclusions vous attendez-vous à arriver de la part de la Conférence Kurde dont l’objectif est le désarmement du PKK? AT: Il se dit ceci: “Nous tenons la conférence dans le but de désarmer le PKK”. C’est ce que dit Talabani aussi. Or cela entraîne des critiques de la part de la population kurde pour la raison que cela ne fait pas part des demandes du peuple kurde au gouvernement AKP. Car on ne peut pas tenir une conférence uniquement pour désarmer un groupe. Alors sinon, ils [les combattants kurdes, le PKK] rétorqueraient ceci: “Ai-je pris le maquis dans le but de déposer les armes?”. Parlons franchement; naturellement notre souhait principal aussi est de créer un monde sans armes. Le problème, c’est que s’il n’y a pas un projet qui garantisse la satisfaction des demandes du peuple kurde concernant son identité, sa culture, son droit à recevoir l’enseignement scolaire en kurde et une décentralisation de la gouvernance, alors cette conférence est vaine dès le départ. L’important ici est que les demandes du peuple kurde soient satisfaites. Même si cela ne peut pas être réalisé en un jour, au moins les préparatifs peuvent être faits. Il y a de nombreux exemples de ce gendre dans le monde, notamment le cas de l’Afrique du Sud. Comment le problème a-t-il été résolu? Qui ont été les intermédiaires? Comment la paix a-t-elle été obtenue? ND: Quel type de solution dans le monde prenez-vous en exemple? AT: Aucun problème ne ressemble exactement à un autre, cependant partout dans le monde, afin d’arriver à une solution et à la paix, des préparatifs ont été finalement faits, les parties ont débattu du problème et une volonté effective de paix a pris forme. L’élément commun partout est que les gouvernements ont agi dans le but de sauver leur peuple et leur pays du chaos et d’apporter la paix de façon définitive. ND: Avez-vous un espoir pour la paix? AT: Nous n’avons jamais perdu notre espoir en la paix et nous ne perdrons jamais espoir. Si nous n’avions plus cet espoir, nous ne pourrions d’ailleurs pas faire de politique. Nous disons: “Ne continuez pas cette stratégie de déni et d’anéantissement. La paix, même si elle n’est pas pour aujourd’hui, arrivera certainement un jour ou l’autre. Les droits identitaires et culturels du peuple kurde seront définitivement garantis. Tout en respectant l’intégrité territoriale de la République de Turquie, un environnement d’égalité et d’équité sera créé. Développons donc notre démocratie le plus tôt possible”. Car les dernières opérations indiquent que certains sont déterminés à empêcher une solution démocratique. ND: Qu’est-ce qui devrait être fait pour résoudre la Question kurde dans un cadre pacifique? AT: Nous sommes très clairs et ouverts à ce sujet. Les droits [l'identité] du peuple kurde doivent être garantis par la Constitution. Une nouvelle Constitution devrait être préparée et écrite de façon à ce qu’elle accepte les différences comme une richesse. Nous aussi sommes citoyens de la République de Turquie. Les citoyens kurdes devraient bénéficier des mêmes droits que les citoyens turcs. Dans le cadre du Projet d’Autonomie Démocratique [projet élaboré par le DTP], les gouvernements régionaux devraient être renforcés et les régions basées sur leurs besoins devraient pouvoir prendre des décisions dans les domaines de l’économie, du social et de l’éducation. Les écoles enseignant en kurde devraient pouvoir voir le jour. Pour l’instant, les autorités montrent TRT 6 [chaîne TV d'Etat diffusant en kurde, ouverte en janvier dernier] comme un grand progrès. ND: N’est-ce donc pas un progrès? AT: Mais les Kurdes ne peuvent même pas déterminer les programmes de TRT 6! J’étais récemment en Angleterre et je m’y suis renseigné. Il y a 3 millions de Gallois; au Pays de Galles, ils apprennent le gallois et c’est obligatoire. Ils m’ont dit ceci: “Nous sommes tellement assimilés qu’il n’y a pas si longtemps, seulement 5% d’entre nous savaient parler gallois. Mais maintenant, ce chiffre est de 20%. Et parmi la jeune génération, il est de 40%”. Le gouvernement britannique verse chaque année 180 millions d’euros aux chaînes de télévision privées pour subventionner le développement de la culture galloise. C’est une reconnaissance et une protection d’un droit. TRT 6 est, à l’opposé, l’abus d’un droit. Ce n’est pas ce que nous voulons… ND: Si ces conditions sont acceptées, le PKK déposera-t-il les armes? AT: Il n’y a pas de différence entre ce que nous disons et ce qu’ils disent. Les demandes sont exactement les mêmes. Ce sont les demandes du peuple kurde en général. J’agis en fonction des demandes du peuple kurde et le PKK fait de même. ND: A quelles conditions le PKK déposera-t-il les armes d’après vous? AT: L’Etat doit être ouvert et transparent. Après que vous ayez fait quitter le maquis aux guérilléros, allez-vous les jeter en prison ou bien allez-vous les laisser rejoindre la société et pratiquer la politique démocratique? Ces sujets doivent être discutés ouvertement. ND: Y a-t-il des différences de points de vue entre Barzani [président de la Région fédérée du Kurdistan d'Irak] et le DTP? AT: Nous sommes des politiciens qui vivont dans des états différents. Les conditions et exigences de chaque pays sont différentes. Si j’étais en Irak aujourd’hui, je demanderais une fédération. Car les Kurdes d’Irak faisaient partie de l’Empire Ottoman. Sans qu’ils aient intériorisé la situation, ils ont été regroupés avec les Arabes, ainsi ils ne se sont jamais mélangés. La situation en Turquie est différente. Les Kurdes et le Turcs ont la chance de vivre ensemble. Car cela fait vraiment mille ans qu’ils vivent ensemble. Par conséquent, nous n’exigeons pas une fédération en Turquie. Nous défendons le concept d’un gouvernement autonome démocratique. Nous voulons renforcer le pouvoir des administrations régionales. ND: Que propose le DTP pour permettre/favoriser la paix? AT: Il faudrait que ceci soit désormais compris: les Kurdes ne cherchent pas à faire sécession de la Turquie. Les Kurdes veulent résoudre ce problème sur la base de l’égalité des droits dans le respect de l’intégrité territoriale de le République de Turquie. S’il est accepté de croire que c’est cela que les Kurdes veulent, alors résoudre le problème ne sera pas si difficile. Car le problème vient de là: depuis la fondation de l’état-nation [turc], les Kurdes sont vus comme un danger potentiel. Certaines personnes doivent comprendre que les Kurdes ne veulent pas diviser ce pays, elles doivent se débarrasser de cette idée et de leurs peurs qui y sont liées. ND: Pensez-vous qu’il est possible de faire certains gestes réciproques afin de détendre l’atmosphère jusqu’à ce qu’une paix définitive soit atteinte? AT: Oui, c’est nécessaire. Des gestes devraient être faits pour démontrer la sincérité quant au désir de paix et de solution. ND: Comme geste de bonne volonté, le PKK peut-il ordonner à ses combattants de se retirer du territoire [de la Turquie]? AT: Biensûr…S’ils savent qu’il y a un effort sérieux pour la paix et qu’ils ne seront pas manipulés et trompés, pourquoi pas? Avant tout, une atmosphère de confiance doit être développée. Ce geste a déjà été effectué par le passé [août/septembre 1999] mais pendant le mouvement de retrait hors des frontières de la Turquie, 300 à 400 guérilleros du PKK ont été tués [par l'armée turque]. De plus, un “groupe de paix” du PKK [8 guérilleros menés par Ali Sapan et 8 diplomates travaillant en Europe] est venu en Turquie. D’autres groupes devaient suivre mais comme les personnes du premier groupe ont été condamnées à 15-20 ans de prison, cette démarche a été arrêtée. ND: Que devraient faire les politiciens turcs et kurdes pour mettre les Kurdes et les Turcs dans une atmosphère de paix? AT: Les démocrates turcs ont un rôle important à jouer pour stopper le développement des perceptions nationalistes. Aujourd’hui, les intellectuels turcs devraient soutenir les efforts du DTP pour résoudre la Question kurde en Turquie dans le cadre de la démocratie et du respect de l’intégrité territoriale de la Turquie. Et ils devraient répandre cette idée et cette confiance au sein de la population de la même façon que dans le passé Sartre et les intellectuels français se sont opposés à l’occupation de l’Algérie par la France. ND: Les Kurdes ne veulent-ils pas faire sécession et créer leur propre Etat? AT: Certains le souhaitent mais les politiciens ont l’obligation de prendre en compte les réalités sociales et de comprendre combien l’éthno-nationalisme fait du mal aux peuples dans le monde d’aujourd’hui. Nous sommes contre le concept d’Etat-nation et pour “l’Etat-démocratique”. Nous n’avons pas le droit de faire s’entretuer les peuples en mettant en avant le nationalisme dans un monde où les Etats forment des unions et où existe l’Union Européenne. ND: Pensez-vous que l’Etat-nation est un processus très sanglant? AT: Oui. Dans le monde d’aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de créer des Etats-nations. Nous avons besoin d’une citoyenneté équitable et d’un Etat démocratique. Mais certaines personnes ne veulent pas de changement dans ce pays. Elles veulent que le statu quo soit maintenu. Car ces quelques personnes perdraient le contrôle qu’elles ont sur la politique si la Question kurde était résolue et la Turquie plus démocratique… Source: Taraf & BERSIV
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ARTICLE A LA UNE |
| REPRISE DU PROCES DHKP/C (le 16/05/2009 à 01h29) |
- Le sept novembre 2006 Bahar Kimyongür, ancien porte-parole du Bureau d'information du DHKC à Bruxelles, a été condamné à cinq ans de prison ferme pour le simple fait d'avoir diffusé de l'information en provenance de Turquie sur les conditions de détention dans les prisons de ce pays et avoir mené des actions pacifiques pour dénoncer le caractère antidémocratique de l'État turc. Pour ces raisons il est considéré par la Cour d'Appel de Gand comme le «chef d'une organisation terroriste et criminelle» (vous lisez bien).
«Quand monsieur Kimyongür rentrait dans la salle d'audience, le nombreux public qui se mobilisait pour lui l'applaudisait : la preuve qu'il est un chef», dixit les juges. Raisonnement implicite, que les juges se sont gardés de formuler car cela aurait mis trop en évidence l'absurdité de leurs arguments : «le public présent, devait être les subordonnés de Bahar Kimyongür et membres aussi, ou adhérants, d'une organisation terroriste».
Bahar Kimyongur est un symbole.
Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés.
Soutenir Bahar, c’est protéger les droits de tous les citoyens en Belgique.
Bahar Kimyongur est un citoyen belge qui s’oppose au régime turc. Depuis des années, il sensibilise la population et les personnalités politiques belges et européennes à propos des violations des droits de l’Homme en Turquie. En particulier, il dénonce la torture que subissent les prisonniers politiques dans ce pays.
Aujourd’hui, l’Etat belge a choisi son camp : en dépit de nombreux rapports alarmants condamnant la violence de l’État turc, la Justice belge présente ce pays comme une démocratie et fait passer les opposants politiques au régime d’Ankara pour des criminels. Au moment ou l'Union Européenne se fait hésitante à l'intégration de la Turquie parce que l'État de ce pays est reconnu pour ne pas respecter les droits de l'Homme ni les libertés, la Belgique, condamne ceux-là mêmes qui dénoncent les atteintes de l'État turc aux droits et à sa population.
Cette décision et les lois qui l'ont motivée représentent l'assassinat de nos libertés d'expression et de contestation. De ce fait, la Justice n’est pas impartiale mais politique, ce qui est notamment rendu possible par l’usage de la loi “antiterroriste” belge de 2003, inspirée par les lois de G.W.Bush. Bahar Kimyongur en est la victime. Mais ce qu’il vit actuellement menace toute personne qui entend contester, protester dans notre pays. Personne n’est à l’abri de ces lois liberticides. Les appareils répressifs et judiciaires ont maintenant à leur disposition un précédent judiciaire qui permet de mettre en prison pour de longues années, des personnes qui n'ont commit aucun délit. Après Bahar et ses compagnons, qui suivra ? Les syndicalistes, les altermondialistes, les représentants du monde associatif, les étudiants, les intellectuels, les travailleurs en lutte ?...
Voilà ce qu’il vous attend :
• Bahar Kimyongür a failli être remis secrètement par les autorités belges entre les mains des tortionnaires turcs dont il dénonce les crimes. La Belgique va à l’encontre de ses propres lois pour satisfaire les exigences d’un régime autoritaire.
• Bahar Kimyongür va passer cinq années en prison alors qu’il n’a commis aucun délit en Belgique, en Turquie ou ailleurs ; qu’il n’a fait qu’exprimer un point vue critique et qu’il s’est organisé en conséquence.
• Au moment où nous écrivons ces lignes (*), Bahar Kimyongür est coupé du monde extérieur depuis son incarcération dans la nuit de mardi à mercredi, sans que personne ne sache où il se trouve exactement. Il subit des conditions de détention inhumaines et dégradantes ? Certainement la torture par l’isolement. Notre Etat expérimente ainsi un «Guantanamo à la belge» afin de casser psychologiquement et physiquement les prisonniers politiques ?
Réagissons, revendiquons la «Liberté pour Bahar» ! Participez aux actions du Clea !
Concrètement, vous pouvez
(*) Nous apprendrions quelques jours pluis tard que Bahar Kimyongür avait passé plus de douze heures d'enfer dans un cachot froid et insalubre avant d'être transféré, toujours en état d'isolement, vers une cellule un peu plus décente.
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Le 25 mai prochain, le procès DHKC -dans lequel Bahar, Musa, Sukriye, Kaya... sont à nouveau passibles d'un total de 37 ans de prison- recommencera depuis le début.Dans l'affaire DHKC, c'est le militantisme que l'Etat belge cherche à criminaliser et c'est donc le monde du Travail dans son ensemble qui doit se sentir menacé par ce procès. La « crise » ravive le conflit séculaire entre le Capital et le Travail : ni les astreintes, ni les écoutes ; ni les matraques, ni les lois antiterroristes ne pourront y mettre fin.
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Reprise du procès DHKP-C à la Cour d’appel de Bruxelles : Rassemblons-nous dès 8h30 le 25 mai pour marquer notre solidarité avec ces militants victimes des lois liberticides !
• Notez la date dans votre agenda, ces militants ne doivent plus retourner en prison !
N'oublions pas :
Le lundi 25 mai 2009, à 9h., reprendra le procès DHKP-C à la Cour d'appel de Bruxelles (rassemblement dès 8h30). La saga judiciaire se poursuit donc après trois jugements de fond et deux cassations.
Dans cette affaire, renvoyant devant les juges des membres présumés d’une organisation révolutionnaire turque que la police belge présente comme terroriste, deux camps s’opposent. Le procureur fédéral est le représentant de la doctrine propagée suite au 11 septembre par George W. Bush. Sous couvert de «guerre mondiale contre le terrorisme», il s’acharne à criminaliser des militants en mettant à mal des droits et libertés pourtant protégés par la Constitution belge.
Face à lui se rassemblent des citoyens attachés à la liberté d’expression et à la liberté d’association. En marquant leur solidarité avec des opposants politiques au régime d’Ankara, ils rappellent qu’en ces temps de crise du système, contester les injustices sociales s’avère plus que jamais nécessaire.
Nous refusons d’être muselés ! Nous refusons de nous taire ! Nous exigeons l’abrogation des lois liberticides !
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Le lundi 25 mai, reprendra le procès DHKC à la Cour d'appel de Bruxelles. Bahar, Musa, Kaya, Sukriye y sont à nouveau poursuivis par le procureur Delmulle. Etre présents en nombre au Palais de Justice de Bruxelles pour soutenir ces militants, constitue la meilleure façon de s'opposer à la loi « antiterroriste » et d'éviter un précédent judiciaire fatal pour tous ceux qui contestent l'ordre établi. « Tous au Palais »
VENEZ NOMBREUX ! Bahar, Musa, Sukriye, Kaya ne sont ni des malfaiteurs, ni des criminels, ni des terroristes. Luttons pour que ces militants ne retournent pas en prison !
S'exprimer, s'organiser, contester : ce n'est pas du terrorisme ! |
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ARTICLE A LA UNE |
| Liberté pour Ilker et Sefik (le 05/05/2009 à 16h09) |
Le Comité français des libertés vient de publier un appel à la
solidarité avec les détenus politiques d'origine turque Ilker ALCAN et
Sefik SARIKAYA. Tous deux paient chèrement le prix de leur engagement
en faveur d'une Turquie indépendante, démocratique et socialiste. Ilker
ALCAN est un journaliste issu de la prestigieuse université de
Galatasaray. Il passa de nombreuses années dans les prisons turques et
survécut aux plus atroces tortures. Sa soeur Nilufer Alcan elle, périt
avec 5 autres prisonnières dans les flammes boutées à leur dortoir de
la prison de Bayrampasa par les militaires, durant l'assaut sanglant du
19 décembre 2000, une opération destinée à déporter les détenus
politiques vers les prisons cellulaires de type F. Militant politique
infatigable aux origines turques et arméniennes, Sefik Sarikaya est
connu et respecté dans l'émigration anatolienne pour sa générosité et
son humilité. Il a passé près de dix ans dans les prisons françaises
pour son appartenance au DHKP-C dans une précédente affaire
politico-judiciaire.
N'hésitons pas à leur écrire.
 Ilker ALCAN N° 367 643 D4 Maison d'Arrêt de Fleury-Merogis 7, Avenue des Peupliers 91705 SAINTE GENEVIEVE DES BOIS / PARIS

Sefik SARIKAYA N° 289706 Cellule 1/107 Maison d'Arrêt de la Santé 42, Rue de la Santé 75014 PARIS - France
Ilker ALCAN et Sefik SARIKAYA Jugés en France pour leur opposition au régime fasciste d’Ankara
Le
9 juin et le 20 octobre 2008 à 6h du matin, les commandos de la SDAT
(Sous-direction anti-terroriste) firent irruption dans plusieurs
domiciles ainsi que dans les locaux de l’Association anatolienne de
culture et de solidarité de Paris. Cette intervention policière fut
d’une rare violence : portes brisées, appartements saccagés, femmes et
enfants plaqués au sol, armes pointées sur les tempes… Au total, 13
personnes ont été mises en garde à vue et en examen. Cible de cette
opération: une association culturelle ordinaire ainsi que ses
adhérents, qui défendent depuis des années les droits des travailleurs
immigrés originaires de Turquie et qui s’opposent au régime fasciste
d’Ankara. Tous sont accusés d’association de malfaiteurs en relation
avec une entreprise terroriste. Mais les véritables chefs
d’inculpation sont la tenue de manifestations, de conférences de presse
parfaitement légales bénéficiant de l’accord de la préfecture et la
vente de l’hebdomadaire Yürüyüs (La Marche), une publication de gauche imprimée et distribuée légalement, même en Turquie.
D’après
le juge d’instruction : « les actions qu’ils mènent sont légales, mais
servent à soutenir des réseaux clandestins hostiles au régime en
Turquie. Par conséquent, leurs actions doivent être considérées comme
terroristes et poursuivies en vertu des lois anti-terroristes. »
En
réalité, nos camarades sont en prison pour leur opposition au régime
fasciste d’Ankara, pour avoir défendu les libertés d’expression et
d’association, pour avoir lutté contre des lois et des mesures
antidémocratiques, pour avoir soutenu les travailleurs licenciés, les
droits des étudiants, en somme, pour avoir défendu les sans-droits, les
opprimés et les exploités. Malgré l’absence de preuves, malgré le
fait que les perquisitions n’aient révélé aucune activité illégale,
Ilker Alcan et Sefik Sarikaya sont détenus depuis le 9 juin 2008. Treize
autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire avec
l’interdiction de quitter le département où ils résident, de rencontrer
leurs co-inculpés, de se rendre dans des associations fréquentées par
des gens originaires de Turquie, de lire des revues de gauche imprimées
en Turquie, mêmes légales. Depuis 2006, on observe une augmentation
sensible des poursuites judiciaires, des opérations de filature et des
gardes a vue en France. Il y a actuellement près de 1.200 prisonniers politiques dans les prisons françaises, et ce nombre s’accroît constamment. Pourtant,
ce qui se fait au nom de la guerre contre le terrorisme, n’a rien à
voir avec l’objectif déclaré. Il s’agit en réalité d’une guerre contre
des droits et des libertés fondamentales acquises au prix de grands
sacrifices.
L’ANTIFASCISME, UN ENGAGEMENT LÉGITIME
Si
les militants poursuivis ont fait le choix de lutter, ce n’est pas par
plaisir mais par sens du devoir et par humanisme. La répression ne les
empêchera pas de poursuivre un combat qu’ils considèrent comme légitime. La
France entretient des rapports politico-économiques privilégiés avec la
Turquie .C’est par souci de ménager ces relations que la France répond
aux exigences de l’Etat turc. En réalité, au-delà du sort des 13
antifascistes originaires de Turquie, le procès politique dont il est
ici question, a pour enjeu la sauvegarde voire la survie des droits et
des libertés fondamentales dans la patrie des droits de l’homme. Le
peuple français qui a remporté de glorieuses luttes contre la tyrannie
et contre le nazisme ne mérite sans doute pas un tel affront que celui
de voir son pays collaborer avec un Etat fasciste. D’autant que le
juge chargé de l’affaire s’est rendu en Turquie pour recueillir des
preuves à l’encontre des inculpés. Ce dernier a été jusqu’à intimider
l’imprimeur du quotidien légal « Yürüyüs » à Istanbul ! En Turquie,
la lutte pour la démocratie n’a jamais pu être anéantie, malgré les
juntes militaires, la torture, les exécutions extrajudiciaires, les
disparitions politiques et les massacres. Et voilà que l’Etat français
se met à encourager nos bourreaux dans notre pays d’origine. Nous
pensons que les magistrats qui agissent au nom de la France n’ont pas à
jouer ce rôle infâme et à rendre ainsi la population française complice
de leurs agissements. Quoiqu’il advienne de nous, nous continuerons
à défendre nos droits, dont les libertés d’expression et d’association,
aux côtés du peuple français.
A ceux qui, en France, veulent nous bâillonner, nous demandons : Est-ce un crime en France que d’être antifasciste ? Est-ce un crime en France que de dénoncer les crimes de l’Etat fasciste qui sévit en Turquie ? Nous exigeons de la part des tribunaux français : - La fin de leur collaboration avec le régime répressif en Turquie au nom des intérêts économiques qui lient les deux pays. - L’annulation de l’instruction visant nos camarades et leur libération - La fin des poursuites contre les révolutionnaires anatoliens sur le territoire français - L’arrêt de l’utilisation de la loi anti-terroriste contre les militants politiques - La libération de tous les détenus politiques
Résister contre le fascisme n’est pas un crime
Liberté pour Ilker et Sefik
Comité des libertés - France comitedeslibertes@gmail.com |
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