Nous retrouvons le groupe SILBÛS Û TARÎ avec leur nouvel album : « Diyalog »
Le groupe Silbus û Tari est composé du père Musa Dogan et de ses enfants Gülden, Gülsefa, Anter et Sema.
Le nom du groupe est inspiré de la mythologie des frères Silbus et Tari vivant dans les montagnes entre Bingol, Elazig et Dersim. D'après la légende, "Silbus" représente le "jour" (en arménien) et "Tari", "la nuit" (en kurde). Les montagnes Silbus et Tari situées cote à cote. On raconte que la neige n'y fond jamais, quel que soit la saison. Il est possible d' apercevoir ces deux montagnes-frère de Karakoçan. Ces deux montagnes sacrées dans la région ne voient pas le printemps en raison de leur altitude assez importante. Les gens vont sur ces montagnes pour prier et pour les sacrifices.
Un groupe de musique familiale
Suite aux nombreux problèmes qu'il rencontra notamment avec le coup d'État du 12 septembre 1980,Musa Dogan fut obligé de quitter son pays. Il commença à la musique lorsqu'il était au lycée Karakoçan de Elazig. Il chanta en kurde et fut très apprécié. Seulement il a été placé quelques fois sous garde à vue et confronté à de nombreuses pressions. Il apprena à joué du saz, seul, durant ces périodes.
La plus grande de la famille Gulden, née en 1984, commença la musique dès son très jeune âge. Sa première représentation devant le public commença très tôt. Elle commença le piano à 12 ans et prennat place dans la choral d'église de l'Académie de Musique de St. Gallen. Elle étudia ensuite la musique et la pédagogie à l'université. C'est elle qui s'est chargée de l'organisation de l'album « Diyalog » (« Dialogue ») et de la formation des autres membres du groupe.
Gulsefa est née en 1989. Elle a pris place dans le groupe dès 2000. Gulsefa, tout comme sa soeur connaîtra assez tôt la scène. Elle a le rôle de vocaliste dans le groupe, qu'elle enrichit grâce à la manipulation de nombreux instruments tels que la guitare ou la flûte. Aussi appelée « La Reine de la Voix » dans le groupe, Gulsefa étudie jour et nuit. Elle aime l'apprentissage des langues; elle parle 5 langues: le kurde, le turc, l'allemand, le français et l'anglais.
Anter né en 1993, est le troisième de la famille. Il joue de la batterie et de la guitare électrique. Il aime joué au football et lire des livres, et à penchant pour l'astronomie et la géographie. Sema née en 1998 est la plus petite de la famille. Depuis 2002, elle fait parti de la chorale d'enfants kurde. De plus elle prend des cours de violon et de hip-hop. Son voeux est d'interpréter la pop musique dans plusieurs langues tout comme ses grandes soeurs.
Leur nouvel album.
Le premier album du groupe était « Rewi » (Le Voyage), aujourd'hui nous les retrouvons avec leur nouvel album : « Diyalog » (Dialogue) comptant 12 chansons en kurde, zazaki, anglais et turc.
Ali Haydar Can, est né à Hozat (Xozat) dans la région de Dersim. Il s'intéresse dès sa plus tendre enfance à la musique.
Il fait sa première scène à l'âge de 10 ans. Après avoir terminé le lycée, il part s'installer à Istanbul où il rencontre de nombreux musiciens, avec lesquels il se produit sur scène et travaille sur des projets d'album. Il a d'ailleurs travaillé avec l'artiste Fevzi Kurtulus durant 2 ans.
Il participe à la création d'un groupe de protest-musique, "Grup Munzur», qu'il intègrera aussitôt. Ali Haydar Can fait ainsi parti des "piliers" de Grup Munzur, des créateurs du groupe. Il est ensuite arrêté et emprisonné pendant environ 1 an, pour des raisons politiques.
Après être sorti de prison, il est contraint de s'exiler en Allemagne, lors d'une tournée de concerts. C'est là-bas qu’Ali Haydar Can poursuit sa carrière musicale. Dès 1996, il travaille et accompagne de nombreux musiciens Turcs et Allemands. Ainsi, il monte son propre orchestre et démarre une tournée de concerts en Europe.
En 1998, sort sont premier album solo intitulé " Her seye Ragmen". Suivi de son second album,"Bir gülün cigligi " en 2002. C'est âpres 4 ans, en 2006, qu’Ali Haydar Can revient un troisième album solo intitulé " Keder - Xane «, distribué par Kalan Muzik.
Aujourd'hui, Ali Haydar Can, vit encore en Allemagne où il y poursuit sa carrière et ses travaux musicaux.
Le saz est le nom générique des luths allant du "cura" au "divan" en passant par le baglama, il s’agit d’ instruments à cordes utilisés dans la musique traditionnelle populaire d'Anatolie. Le cours de saz est donné selon une méthode adaptée à chaque étudiant. Cette formation est dispensée dans le respect de la tradition orale, celle qui a toujours prévalu jusqu'à la moitié du 20ème siècle
Il est formé d’une caisse de résonance en bois de forme hémisphérique, et d’un long manche muni de frettes. Il est muni de trois chœurs de cordes qui se jouent avec un plectre.
Les saz permettent de jouer tous les demi-tons d'une gamme chromatique, ainsi que certains quarts de ton présents dans les makams (modes) arabes. Cependant du fait que tous les quarts de tons ne sont pas présents, certains modes ne sont pas jouables dans certains tons à moins de déplacer les frettes. Le saz est utilisé exclusivement dans la musique populaire turque, la musique classique turque utilisant un système différent sans quarts de tons.
Le saz est un des représentants actuels de la famille des luths à manche long, dont l'origine est très ancienne, ce type d'instruments nous étant connu dès le premier millénaire avant J. C. Son ascendant direct semble être la tanbur du Khorassan, instrument persan dont AI-Farabi se servit au 10e siècle pour régler le système modal musulman, d'après les théories pythagoriciennes et les systèmes persans. Répandu depuis I’Asie Centrale, jusqu’a la Grèce (le bouzouki est un des membres de la famille) il est utilisé en Arménie sous le nom turc de saz. Ce mot est en fait d'utilisation populaire pour désigner l'instrument, saz signifiant littéralement « instrument de musique ». C’est son immense popularité qui a fait prendre ce nom pour cet instrument en particulier. Il est à noter qu’en Iran, cet instrument ne subsiste que sous la taille la plus petite, et comme instrument par excellence de la musique classique persane, sous le nom de « seh-tar ». En Arménie, le petit et le moyen saz sont employés pour accompagner les chants des goussans populaires, mais peu utilisés dans les ensembles (joué de manière mélodique, note par note), du fait de leur faible volume sonore. Alors que les ménestrels s’accompagnant jouent plutôt avec une technique de « rasgueado », brossant toutes les cordes avec un souple médiator appelé « mezrab ».
Le saz appartient à cette très vaste famille des luths à long manche, déjà représentés sur des bas-reliefs sumériens et dont l’aire de diffusion correspond à la route de la soie : du Japon à l’Europe orientale, nous trouvons la même forme de luth à deux ou trois cordes, à caisse relativement petite par rapport à un manche long et fin, parfois lisse mais le plus souvent doté de frettes sous formes de ligatures.
Les instruments de la famille sont du plus grave au plus aigu :
le meydan sazı
le divan sazı ou simplement divan (cordes de 106 cm)
le bağlama (cordes de 72 cm) à manche court ou long
la tanbura ou tambura
la cura (cordes de 50 cm)
Ces noms peuvent varier suivant les régions, ce qui peut porter à confusion. Le mot bağlama sert parfois en turc à désigner toute la famille des saz, et le mot saz sert aussi parfois à désigner tout type d’instrument de musique.
Maître incontesté du doudouk, instrument symbole de l'Arménie. La réputation de Djivan Gasparyan a largement dépassé les frontières de son pays.
Djivan Gasparyan
A 70 ans, Djivan Gasparyan a derrière lui 64 ans de pratique du doudouk , cet instrument de la famille du hautbois, sculpté dans le bois d'abricotier et véritable symbole de l'Arménie. Il a récolté une moisson de médailles d'or à l'occasion de concours internationaux organisés par l'Unesco. Elevé au rang d'Artiste du Peuple d'Arménie par les autorités de son pays en 1973, il est autant la voix de son peuple qu'une partie de son âme.Si, aux yeux d'un occidental, ces récompenses font plus penser au résultat d'un comice agricole qu'à la reconnaissance d'un réel talent, Djivan Gasparyan n'en a pas moins conquis une place tout à fait particulière à l'échelon mondial. De nombreuses tournées internationales l'ont conduit à se produire sur les cinq continents, à collaborer aussi bien avec le Los Angeles Philarmonic Orchestra qu'avec Lionel Ritchie , Peter Gabriel ou le Kronos Quartet. On peut l'entendre sur les bandes originales de grosses machineries hollywoodiennes comme "La Maison Russie" ou "The Crow" mais aussi sur "Calendar" d'Atom Egoyan ou sur des musiques de téléfilms pour le câble.Professeur de doudouk au Conservatoire d'Erevan, la capitale arménienne, il perpétue ainsi la tradition. Mais il considère aussi que son art doit être sans cesse remis en question en se frottant à d'autres cultures, comme c'est le cas dans la palpitante aventure "Black Rock" qui le réunit au guitariste-producteur canadien Michael Brook, où l’on nage dans un océan de poésie sonore. Son dernier album, "Heavenly Duduk", paru sur le label germanique WorldNetwork, le présente au centre de sa formation traditionnelle "Duduk" et leur répertoire folklorique ou religieux, à deux ou trois doudouks, parfois agrémentés de dhol (percussion) ou de la voix limpide de Gasparyuan, s'avère tout aussi magique que sa collaboration avec le sorcier de studio canadien.
Lütfü Gültekin est né à Tunceli (Dersim) au milieu du siècle dernier. Il a grandi jusqu’à ses quinze ans dans sa ville natale qui a gardé jusqu’encore à aujourd’hui un caractère assez rurale. Dans son adolescence, il a fui cette ville dont il n’arrivait plus à supporter certains aspects féodaux, pour l’amour de la musique. Ainsi, très tôt en 1965, alors qu’il n’a que quinze ans, il enregistre deux 45 tours. Plus rien ne l’arrêtera même si les conditions était très rudes pour lui. Il vit son adolescence dans une ville dont la pollution ne cachait pas encore sa beauté magistrale : Constantinople. C’est à cette époque également qu’il va connaître les grands « aşık ». Il va porter le « saz » de nombreux maîtres dont Daimi, Ihsani et va côtoyer les plus grands de l’époque comme Davut Sulari.
1969 sera le début d’un exil. Il quitte la Turquie pour Berlin avec l’ambition de faire des études de journalisme qu’il devra interrompre après deux années. Il va s’installer en Belgique et travaillera dans la mine, ce dont l’Europe avait plus besoin à l’époque. Ces conditions difficiles vont lui inspirer des chants qui auront un caractère tantôt de révolte, tantôt de compassion. Il enregistre son premier album en Belgique dans lequel sont mêlés poésie traditionnelle et moderne : ce sont toutes ses propres compositions et il se tente aussi à la poésie.
Son deuxième album « yiğidi doğuran ana bin yaşa » - soit louée la mère qui engendre le « brave »- est enregistré également en Belgique. Ensuite, il enregistrera plusieurs albums en Turquie avec le soutien de certains musiciens et artistes mais aussi à Cologne avec Hasret Gultekin en 1989. Celui-ci enregistrera son dernier album avec Lütfü Gültekin en 1993 : alors qu’il n’avait que 21 ans, il sera atrocement assassiné dans les émeutes de Sivas en 1993. Par la suite, ce sera son fils Emre Gultekin qui va accompagner les travaux du père et les figures les plus emblématiques du jeune musicien seront Hasret Gultekin, élève de Talip Özkan.
Le premier album du couple « père-fils » sera « Bir pınardır türküler » dans lequel le père se met dans l’ombre pour laisser la place aux essais du jeune musicien. Par la suite, deux autres albums vont paraître, l’un chez Hades Müzik en 1999 « Derman bizdedir », l’autre chez « Kalan » intitulé « Gül türküleri ». Ces deux albums ont une particularité commune : ils regroupent tous deux plus d’une dizaine d’artistes et/ou interprètes dont Aynur Doğan, Fırat Başkale, Engin Aslan, Musa Eroğlu… pour n’en citer que quelques-uns : chacun interprète une composition signée Lütfü Gültekin. Le dernier album paru chez Kalan Müzik est un trio nommé Gultekin au pluriel et le petit frère-fils fait son apparition : Munzur-Emre-Lütfü Gultekin préparent le prochain….
Yorum a été crée en 1985 à Istanbul par des étudiants d'université, dans le but de réagir au coup d’état militaire de 1980 et aux politiques de dépolitisation et d’oppression qui ont été par la suite imposées au peuple. Le groupe, influencé au début par Ruhi Su, Mahzuni Şerif, Inti Illimani, Victor Jara, Quilapayun et Theodorakis, a été formé pour être la voix de la terre et des peuples d'Anatolie, où le groupe est né, avec une infusion de musique révolutionnaire et socialiste. En peu de temps, Yorum est devenu un nom crucial pour l’opposition et la lutte des droits et des libertés.
Chaque année depuis 1987, le groupe a aussi bien sorti des albums, donné des concerts multiples en Turquie et en Europe, que participé à des centaines de protestations de masse, démonstrations de rue, grèves, et occupations d'usines et d'universités. Les membres du groupe ont fait face à de nombreux cas de garde à vue, d’arrestations et d’interdictions dus à la nature organisationnelle-révolutionnaire-activiste du groupe et du sens discordant dans le contenu et la présentation de leur musique. Plusieurs membres du groupe ont été torturés à maintes occasions et condamnés à des nombreuses années d’emprisonnements; même les CD et les cassettes du groupe ont été fusillés par les forces de sécurité. Cependant, tous ces obstacles n'ont pu empêcher les progrès du groupe.
En dehors des chants en turc, Yorum chante des chansons dans d'autres langues telles que le kurde, l'arabe et le circassien, qui sont parlées en Anatolie. Le groupe participe à la lutte pour le droit de pratiquer ces langues, interdites en Turquie.
Des sujets tels que les luttes anti-fascistes et anti-impérialistes, les massacres dans les prisons, la destruction provoquée par des désastres naturels, les guerres impérialistes, les décès, l'amour, la vertu et le désir ardent pour un monde libre, forment le contenu lyrique du groupe. Tout en augmentant la complexité et la profondeur de sa structure musicale par sa dynamique intérieure et sa conscience de l'ordre du jour national et mondial, le groupe n'a pas dévié de son chemin principal; il a influencé beaucoup de nouveaux musiciens et groupes avec son "genre Yorum", un genre désormais propre au groupe. Yorum utilise des instruments locaux tels que le mey (le petit hautbois de l’Anatolie de l’Est), le baglama (luth à manche long), le kaval (le flageolet - flûte du berger), mais aussi beaucoup d'autres instruments non-locaux tels que le violon, l’oboe et surtout la guitare. Leur musique essentiellement solo et chorale, est basée sur des compositions rythmiques solides et des mélodies fluides. Cette musique, qui peut être définie comme folk-rock, contient des timbres rappelant les chansons folkloriques locales, les mélodies méditerranéennes, les hymnes latino-américains et le rock.
Le groupe, qui a été un pionnier non seulement avec sa musique mais également avec la responsabilité révolutionnaire qu’il porte, a réussi à attirer des centaines de milliers d’audiences chaque année en dépit de toutes les interdictions. Ses albums sont vendus en millions ; des articles et des livres sont édités à son sujet ; les médias l’appellent “les chanteurs de prison" et les "chasse-neige". Yorum continue à chanter des chansons pleines d'espoir au nom de la musique révolutionnaire mondiale.
Libération (France), samedi 30 septembre 2006, p. 31
Bouziane Daoudi
D’abord quelques accords de cordes pincées, puis un archet glisse avec une lenteur majestueuse. On croirait que l’instrument pleure. Kurde iranien, Kayhan Kalhor est un as du kamantché, une vièle hors du temps qui requiert des années de perfectionnement. A 40 ans à peine, Kayhan Kalhor en joue tel un maître détenteur de décennies d’expérience comme en témoigne cet album, dialogue intense et fin avec le Turc Erdal Erzincan, virtuose, lui, du luth baglama.
Kalhor multiplie les collaborations, du Kronos Quartet californien aux stars de la tradition perse, Mohammad Reza Shajarian et Hossein Alizadeh, en passant par le violoncelliste sino-américain Yo Yo Ma ou le sitariste d’Inde du Nord Shujaat Husain Khan. Volutes délicates, douceur et vivacité, Kalhor possède un sens prodigieux de l’impromptu. Son kamantché est un enchantement avec ses doux méandres étendus et fleuris, ses envolées courtes et surprenantes, parfois ponctuées d’un silence infinitésimal pour en savourer l’épanouissement.
On ne sent pas le temps passer avec ces douze morceaux d’improvisation sur les musiques perse et turque. Une sensation rare quand il s’agit de musique uniquement instrumentale.
Kayhan Kalhor & Erdal Erzincan The Wind (ECM/Universal).
Kayhan Kalhor kamantché dialogues et improvisations Iran
Erdal Erzincan baglama Turquie
À 40 ans, rien ne semble arrêter cet as du kamantché iranien, originaire du Kurdistan, dans sa quête de nouvelles rencontres. Chacune des apparitions de Kayhan Kalhor est un pur enchantement : avec Yo Yo Ma ou le Kronos Quartet, pour lesquels il a composé ; avec le sitariste indien Shujaat Husain Khan (au Théâtre de la Ville en novembre 2003) ; ou avec ses compatriotes, en quatuor avec les maîtres persans Hossein Alizadeh, le chanteur Mohammad Reza Shadjarian et son fils Homayoun (au Théâtre de la Ville en septembre 2003) ou en duo avec le jeune joueur de santour, Siamak Aghaï (au Théâtre des Abbesses en 2005). Pour ses deux concerts, le prince de l’archet convoquera une fois encore ces petits riens qui font les grands concerts : virtuosité, musicalité, alliées à la sensibilité et au plaisir émotionnel et communicatif de jouer ensemble. L’infatigable voyageur dialoguera en toute liberté avec deux amis, le Turc Erdal Erzincan et l’Iranien Hamid Reza Nourbakhsh.
Erdal Erzincan, 35 ans, est tombé amoureux du baglama – luth à cordes pincées de la famille du saz, qui accompagne aussi bien les chants populaires turcs que les rituels religieux alévis – depuis qu’il en a entendu les sonorités dans son village natal de l’est anatolien. Des études au conservatoire de l’université d’Istanbul l’ont mené à enrichir et approfondir la connaissance de cet instrument dont il enseigne aujourd’hui les techniques dans sa propre école de musique, tout en parcourant le monde. Prometteur, ce duo cordes à cordes avec Kayhan Kalhor fera alterner fougue impulsive et douceur teintée de mélancolie.
Jacqueline Magnier
Ecouter cet artiste chez notre partenaire Mondomix :
Rencontre avec les membres du groupe ethnique mixte, Kardes Türküler.
« Nous nous sommes rencontrés, il y a douze ou treize ans, à l’université où nous faisions des études d’économie tout en animant un groupe folklorique. Nous chantons en turc mais aussi en kurde, en arabe, en arménien, en géorgien, en tzigane, en grec, en suriani, en laze... C’est une démarche identitaire et un choix politique. Dans nos chansons, nous essayons de revenir aux traditions d’origine, ce qui ne nous empêche pas d’y associer des guitares et des harmonies occidentales. Il y est question de l’environnement ou de la migration des Kurdes. L’une d’elles parle de Güldünya, une jeune femme assassinée, en 2004, au nom des lois tribales parce que l’Etat n’a pas voulu entendre son appel à l’aide. Chez nous, les musiques traditionnelles ne sont pas enseignées dans les conservatoires, mais elles sont bien vivantes et nous pouvons encore aller chercher notre inspiration à la source. Hélas, l’énorme collectage réalisé par la radio nationale de 1925 à 1950 ne nous est pas d’un grand secours car, comme l’a noté Bartók, il ne fut pas des plus rigoureux : textes réécrits en turc ou modifiés, différences régionales atténuées, instruments « nationaux » (baglama, kaval) privilégiés aux dépends des autres (balaban, duduk, kementche), dimension polyphonique gommée puis reconstituée artificiellement…
Bien que la loi interdisant de chanter dans les langues minoritaires ait été abolie en 1992, certaines villes ont refusé d’autoriser nos concerts et nos clips ont souvent été victimes de l’autocensure. Heureusement, les émissions dédiées aux communautés kurde ou géorgienne sont légales depuis 2002 sur chaînes nationales. Et les diverses langues peuvent désormais faire l’objet d’un enseignement mais seulement dans des cours privés, c’est-à-dire payants, lesquels sont malheureusement souvent soumis à un harcèlement administratif qui les empêche de fonctionner. Le comble, c’est qu’à l’université, on peut apprendre le japonais ou le chinois, mais ni le kurde, ni le géorgien, ni l’arménien. Hélas, l’assassinat, le 19 janvier dernier, du journaliste arménien Hrant Dink, nous fait à nouveau sombrer dans le pessimisme. Ce qui est étrange, c’est que le pouvoir islamiste – très lié au capitalisme turc – essaie d’être la locomotive du processus d’intégration à l’Europe, et qu’il se trouve à cause de cela en contradiction avec l’ultranationalisme de ses propres électeurs. »
Hasan Saltik, fondateur du label stamboulote Kalan, raconte le défi que représente la production musicale dans son pays.
« J’ai créé le label Kalan en 1991. J’avais vingt-quatre ans, je venais de finir mon service militaire, j’étais fauché, mais mon frère m’a prêté mille deutschmarks pour démarrer cette entreprise qui a aujourd’hui un budget de 3 millions de dollars. Au début nous produisions des disques politiques alternatifs représentatifs des différents courants de gauche, mais très vite, j’ai eu envie d’investir l’argent gagné dans les musiques ethniques. Les Kurdes, les Arméniens, les Tziganes, les Grecs, les Surianis, les Lazes, n’avaient aucun espace d’expression car après le coup d’état militaire du 12 sept 80, une loi est entrée en vigueur interdisant d’écrire ou de chanter dans les langues des minorités. Ces disques ancrés dans le multiculturalisme turc m’ont valu des menaces de mort et une dizaine de procès, certains d’entre eux sont encore en cours.
Cette loi a été supprimée en 1992, mais les ennuis ont continué. Par exemple lorsqu’en 2000, j’ai produit un disque du groupe Yorum qui protestait contre les cellules d’isolement des prisons de type F (créées il y a 7 ou 8 ans, elles furent l’occasion de grèves de la faim et de manifestations). Cet album m’a valu une condamnation à trois ans de prison. Heureusement, il y a des mélomanes qui adorent ce que nous faisons, même parmi les juges, et cette sentence a été annulée. La presse, qu’elle soit de droite ou de gauche, a beaucoup soutenu toutes nos publications, qu’elles concernent les musiques régionales ou le classicisme ottoman. Lorsqu’il y a trois ans, le Ministère de la Culture a supprimé notre licence parce que le mot Kurdistan figurait sur une pochette, il y a eu tellement de réactions qu’elle nous a été redonnée au bout d’un mois. Il arrive même désormais que nos ministres offrent nos disques en cadeau quand ils vont en délégation officielle à l’étranger. Lentement les choses s’améliorent car le processus de demande d’adhésion à l’Europe pousse au changement. La télévision nationale diffuse même depuis peu, des émissions dans les langues des minorités, mais l’autocensure reste, hélas, très forte.
Depuis 1991, nous avons publié quatre cents CD. Autour de moi, travaillent plusieurs musicologues et conseillers artistiques qui font ou non du travail de terrain. Parmi nos plus gros succès, il y a le guitariste et joueur de luth anatolien Erkan Ogur (300 000 ventes), le groupe multiculturel Kardes Turkuler (250 000), la chanteuse kurde Aynur (200 000). Grâce à notre site Internet, www.kalan.com, 600 000 personnes ont vu le clip de Kardes Turkuler sur la chanson Mirkut qui conte la vie quotidienne d’un paysan kurde. La crise du CD fait rage ici aussi, mais Kalan n’en souffre pas autant que les autres labels parce que nos livrets sont appréciés pour leurs développements musicologiques et culturels.
Certes nous avons vécu des moments difficiles, mais je n’ai jamais demandé aucune subvention, qu’elle soit nationale ou internationale. Je suis le seul patron, nous sommes financièrement indépendants, nous faisons notre distribution nous-mêmes, nous avons toujours réinvesti l’argent gagné dans la musique : les gros succès nous permettent de soutenir des artistes traditionnels plus confidentiels. Aujourd’hui, nous sommes plus confiants, car nous avons gagné la sympathie d’un grand nombre de Turcs. Il y a parmi eux des généraux, des juges, des universitaires et des journalistes qui nous soutiennent. D’ailleurs, dès qu’il y a un problème, nos fans proposent de manifester pour nous. Un signe qui ne trompe pas : je ne vois plus le procureur qui, à une époque, me convoquait sans cesse. Il paraît que des militaires disent de moi : « c’est un enfant turbulent, mais il fait un travail formidable pour son pays ». En 2004, Time magazine nous a même décerné le prix « Héros de l’Europe ».
La photo de toi sur ta tombe avec écrit en dessous " Kurdes Jusqu'au Bout ", pourrait résumer toute ta vie. Ahmet Kaya fait parti de ces " hommes de liberté ", il a lutté jusqu'au bout pour une chose parfois oubliée car considérée acquise par certains : La Liberté. La liberté pour son peuple : les kurdes. Que de plus naturel que de vouloir parler ou chanter dans sa langue natale ou même de dire tout simplement " je suis kurde.. ". Mais en Turquie cela est dangereux, et même interdit. Malgré tout cela, Ahmet Kaya a combattu pour cette cause considérée par certain de cause perdu...
Son arme : la musique.
Ses balles : les paroles.
Ce chanteur kurde Ahmet Kaya, décédé le 16 novembre 2000 à Paris d'une crise cardiaque à l'âge de 43 ans a été enterré autour de 15 000 admirateurs le 19 novembre au cimetière parisien du Père-Lachaise, loin de sa terre natale et de son peuple qu'il chérissait tant. Il aurait tant voulu être enterré dans son pays dont le gouvernement le reniait, mais la Turquie le mérite-t-elle ?
A sa mort sa femme déclara très justement : Ahmet n'était pas fâché contre la Turquie. Il s'opposait à un système qui le menaçait de 13 ans de prison pour ses opinions et ses chansons et qui l'a contraint à l'exil. Il n'avait pas volé, il n'avait tué personne : il était l'un des plus gros contribuables d'impôts du pays. Son seul crime était de revendiquer l'égalité des droits entre Turcs et Kurdes, le respect de l'identité kurde, le respect de la dignité humaine et de la liberté d'expression. Il en est mort. Par respect pour ses idées et pour sa conception de la dignité, j'ai décidé de l'enterrer à Paris. Il y reposera jusqu'à ce que la Turquie devienne une démocratie digne de ce nom et jusqu'au jour où les chaînes de télévision publiques de Turquie diffusent de la musique kurde . Malgré le fait que ces disques se vendent à plus d'un million d'exemplaire, les médias turc ont, conformément aux consignes reçues des autorités policières et militaires, assuré un service minimum : diffusion des informations pratiques et des extraits d'interviews des proches sans programmes spéciaux ni diffusion de ses chansons.
Ces médias qui un jour lui accorde un prix et le lendemain le force à s'exiler. En effet, la Cour de sûreté de l'Etat d'Istanbul a condamné le 10 mars 2000 Ahmet Kaya à trois ans et neuf mois de prison, par contumace, pour " propagande séparatiste en faveur du PKK ". Les autorités turques lui reprochent d'avoir chanté en 1993 dans une salle de concert de Berlin où il y aurait eu une carte du Kurdistan et un portrait d'Öcalan. Les avocats du chanteur ont plaidé qu'il s'agissait d'un grossier photomontage tardif du quotidien Hürriyet. Le quotidien n'avait à l'époque rien écrit à ce sujet. Mieux, en 1994 il avait accordé un prix à Kaya. Ce n'est que lorsqu'en février 1999 le chanteur, élu meilleur musicien de l'année a, au cours de la cérémonie du prix, évoqué ses origines kurdes et annoncé son intention de faire un clip en kurde que les autorités et les médias turcs se sont déchaînés contre lui. Et dans cette action de lynchage médiatique le quotidien Hürriyet a publié sa fameuse photo qui a été considérée par le parquet de la cour de sûreté de l'Etat d'Istanbul comme un élément constitutif de crime séparatiste. Face à toutes ces attaques, Ahmet Kaya répondu à un entretien dont voici une partie :
Que répondez-vous à la justice turque ?
La Turquie considère chaque kurde comme un terroriste potentiel. Depuis des années, je mène un combat pour la reconnaissance de l'identité kurde. Je le mène à ma manière, avec mes armes, celles d'un artiste, en l'occurrence la musique. Mais l'Etat, dans la mesure où je revendique cette identité kurde, m'identifie à un combattant armé qui mène la guérilla dans la montagne. De quelle manière, précisément, portez-vous cette identité kurde dans votre art ? Mes chansons s'inspirent des réalités sociales et géographiques du Kurdistan mais aussi des douleurs et des souffrances du peuple. Même si je chante en turc pour des questions de lois, le message donne une expression de cette identité qui est interdite, étouffée en Turquie. Comment réagit la communauté artistique en Turquie ? Je suis le chanteur le plus en dissidence avec le régime. Tous les autres essaient de composer avec le système pour faire du fric. Il y a évidemment d'autres chanteurs en opposition mais ils ne touchent qu'un public restreint. Le tirage de mes disques et cassettes dépasse ceux de l'ensemble de mes confrères en désaccord avec le régime. C'est cette popularité qui dérange énormément l'Etat turc. C'est la raison pour laquelle je suis l'objet de cette surveillance constante et de ces persécutions. Ceux qui font des chansons inodores et incolores ne veulent pas avoir de problèmes avec l'Etat et donc il n'y a pas de relations et encore moins de solidarité. Vous vous prononcez pour la reconnaissance de l'identité kurde mais vous êtes contre le séparatisme. De quelle manière entendez-vous porter cette idée ? Je ne considère pas le problème de l'identité kurde uniquement dans le cadre de la Turquie. C'est une question qui se pose pour l'ensemble des Kurdes du monde et particulièrement ceux des pays voisins: Iran, Irak, Syrie mais aussi ceux d'Europe. On arrivera à obtenir la reconnaissance pleine et entière de cette identité s'il y a une coopération entre tous les mouvements politiques issus de la population kurde, entre les artistes et les intellectuels, et si nous arrivons tous ensemble à lier des liens avec nos voisins et avec les pays occidentaux. La reconnaissance de notre identité est un droit. Mais c'est un combat qui prendra du temps. Votre procès doit se dérouler le 25 août. Vous avez fait part de votre volonté d'être à l'audience. Que voulez-vous signifier par cette présence ?
Les grands médias au service du régime mènent une campagne pour me discréditer aux yeux de mes amis turcs. Ils veulent accréditer l'idée que je me suis enfui. Au contraire, je voudrais leur dire que je ne déserte pas le combat. Mon cour me dit d'y aller, tout en sachant ce qui peut m'arriver. Ma raison me commande de réfléchir un peu plus. Mon intention est, de toute manière, de continuer par les moyens de l'art. Je vais suivre les événements d'ici le 25 août. Mais je souhaite de tout cour être présent à l'audience pour montrer à ceux qui m'aiment et me suivent en Turquie que je poursuis mon combat.
Ainsi, son corps repose à quelques pas de son ami, Yilmaz Güney, le grand cinéaste kurde, auteur de Yol (Palme d'Or de Cannes en 1982), lui aussi mort en exil en France. Tout ce que l'on peut espérer aujourd'hui c'est qu'un jour la Turquie soit une vraie démocratie, une terre de liberté autant pour les kurdes que pour les turcs pour que ces hommes ne soit pas mort pour rien. Ces hommes qui seront toujours dans le cœur de millions d'amis et on les remercie d'avoir combattu pour nous...
Le melting pote des musiques turques de Nükte V. Ortaq
Hasan Saltik édite les mélodies anciennes de l'Anatolie afin de faire redécouvrir la diversité culturelle de son pays, souvent occultée par les discours officiels
Il permet aux Turcs de redécouvrir un véritable patrimoine culturel
Originaire de Tunceli, dans l'est de la Turquie, il a 11 ans lorsque ses parents s'installent à Istanbul. Il poursuit pendant un an des études au conservatoire. Mais la vie, pour toute la famille, se révèle difficile et l'enfant se retrouve rapidement dans la rue en train de vendre des simit, des petits pains ronds couverts de sésame que les istanbuliotes mangent à toute heure. Il sera aussi peintre ou maçon sur différents chantiers. Jusqu'à ce jour de 1991 où, grâce à un emprunt de 500 euros, il loue une boutique de 4 mètres carrés à Unkapani, le temple de la production musicale d'Istanbul, et crée la société Kalan. Ses premiers poulains sont un groupe de musiciens d'extrême gauche. L'affaire marche bien et, grâce aux bénéfices engrangés, il va enfin pouvoir réaliser son rêve: découvrir et faire découvrir les mélodies d'Anatolie dans leur diversité.
Sa première production, en 1992, est un disque de chants populaires arméniens. Le pari est risqué, mais l'album se vend bien. Les Turcs découvrent avec intérêt la proximité qui les lie à cette musique et à ce peuple. Sur sa lancée, Saltik produit peu après la première cassette de chants kurdes. Puis, en 1998, le premier CD de musique laze, un peuple de la mer Noire originaire du Caucase. Il réédite aussi des morceaux composés par les musiciens occidentaux pour le sultan lors de la guerre de Crimée ou fait revivre les chants oubliés des juifs séfarades de Turquie.
Kalan est aujourd'hui une entreprise prospère qui s'autofinance. Son catalogue est un démenti au nivellement unitaire, encouragé par un Etat centralisateur à outrance. Il permet aussi aux Turcs, plus habitués aux sonorités des variétés anglo-saxonnes, de redécouvrir un véritable patrimoine culturel. Le siège de la société est au cœur d'un quartier qui compte de nombreuses maisons de production. On y croise, tout près des souvenirs de l'ancienne Byzance, des vedettes de la chanson et des adolescents rêvant d'enregistrer leur première cassette. Une proximité qui plaît à Saltik, dont le bureau donne sur la Corne d'Or. «L'âme de la vieille ville vit encore, dit-il. Les vieux bâtiments sont là, blessés et silencieux, mais ils ne se sont pas encore rendus.»
Saltik «tire les gens vers leurs racines»
Fasciné par la diversité, le producteur voudrait recréer la fantastique interpénétration des traditions culturelles née de l'empire ottoman. Il a ainsi rassemblé dans un même disque baptisé Fuad le vieux joueur arménien de duduk - une flûte traditionnelle aux accents mystiques - Gasparyan et Erkan Ogur, un musicien turc virtuose de tous les instruments à cordes d'Anatolie. Pour Lari Dilmen, directeur de projets chez Kalan, Saltik est quelqu'un qui «tire les gens vers leurs racines». Dilmen, fils d'un juif d'Edirne et d'une Géorgienne, a proposé à Saltik de faire renaître la musique religieuse que jouaient ensemble, dans les synagogues, au XVIe siècle, des soufis et des juifs de Thrace. Saltik a financé pendant deux ans les recherches et les répétitions qui ont permis à ces partitions oubliées de revoir le jour. Le disque a été baptisé Maftirim. Ce sont des recherches similaires qui ont permis à Birol Topaloglu de faire renaître la musique laze. Topaloglu n'était pas, à l'origine, un professionnel de la musique. Mais, quand il a proposé son projet à Saltik, celui-ci s'est enthousiasmé et lui a donné les moyens de le réaliser. Aujourd'hui, il parcourt le monde pour donner des concerts (1). Et les diplomates turcs ont même appris à se servir du trésor de la maison de production de Saltik. L'ancien ministre des Affaires étrangères, Ismaïl Cem, avait ainsi pris l'habitude de distribuer des disques de Kalan à ses homologues européens pour leur prouver que la diversité culturelle de la Turquie n'était pas aussi mal vue que cela des autorités...
(1) Festival des traversées, sur l'île de Tatihou (Manche), le 13 août
Vedat Baran , est né en 1960 à Hozat, plus précisément dans le village de Bargini. Celui-ci a fait ses années de collège et lycée à Hozat. Vedat Baran est le fils d’un grand « Ozan » traditionnel de Dersim nommé Mahmut Baran. Un grand artiste Dersimîs qui a d’ailleurs marqué la culture musicale Dersimîs. Vedat est donc le quatrième enfant de la famille.
En 1992, décidé à faire le même métier que son père et partager sa passion pour la musique, il rejoint son grand frère Ali Baran, lui aussi grand artiste populaire kurde dersimîs, en Allemagne, pour travailler sur des morceaux.
Celui retourne en Turquie, ayant enrichie sa culture musicale mais aussi en étant devenu un vrai professionnel avec quelques morceaux devenu célèbres comme « Kiyma Felek » que Musa Eroglu a reprit dans un de ses albums. C’est d’ailleurs grâce à cela et aux autres reprises par de nombreux chanteurs que Vedat Baran se fait connaître et dirige une chorale du conservatoire de Mersin entre 1991 et 1996.
Sa discographie :
-En 1999, il sort son premier album intitulé « Ayrilik Hasreti ».
-En 2000, il sort un nouvel album Trio intitulé « Türküler Özümüz, Türküler Sözümüz » , avec la collaboration de Huseyin Karakus et Kivicik Ali .
-La même année, il travaille avec Gani Ruzgar Savata, pour le film « Ozanlar Yaylasi » dont il est lui-même acteur mais aussi musicien. On le retrouve d’ailleur dans l’album de la B.O. du film.
-Il continu son travail en collaboration avec Gani Ruzgar Savata, pour le film « Doz » qui sorti quelques temps après le premier, dont il est toujours acteur et musicien.
-On le retrouve encore après dans Dumanli Yol, série turco-kurde de Gani Ruzgar Savata toujours dans lequel il travaille même avec un de ces bons amis Ferhat Tunç
-En 2002, Vedat Baran sort sont second album intitulé « Dönemem Özümden » dans lequel on retrouve des morceaux de son père Mahmut Baran et des morceaux reprit plus tard par Ali Baran comme « Askin Divanesi ».
Vedat Baran prépare aujourd’hui un troisième Album qui sortira d’ici environ 2 mois, et prépare un nouveau film avec Sener Sen qui s’intitule « Koçero » qui sera très prochainement à l’affiche.
Ali Baran, est une grande voix dans le domaine de la chanson kurde , et la chanson dersimîs. Baran est né en 1956, a Xozat (Dersim) . Fils de Mahmut Baran, une grande voix, tres bon artiste dersimîs de l’époque, qui n’est malheureusement plus parmis nous depuis longtemps. Artiste de pere en fils, Baran joue au départ dans les mariages et autre fêtes. IL apprend le violon, cumbus, et biensur le Saz et chante en Kurde, Zazaki, et Turc. Baran est d’une famille de dede de la tribu des Axuçan .
Celui-ci jouait deja du Davul a l’age de 6 ans. A 12 ans il apprend le Saz, étudie au collège de Elazig, et y découvre au fur à mesure ses talents de chanteurs, musicien et comédiens et tout cet amour pour la musique. Baran est contraint de s’éloigner de Elazig pour des raisons politiques et part en Allemagne aupreès de son père en 1973 et retourne à Hozat en1975 où il reprend ses études et y fini le lycée.
Baran chante la premiere fois en Kurde sur scène à Hozat en 1976 et se fait arrêter et mis en prison à plusieurs reprises pour avoir chanter en Kurde.
Ali Baran se voit contraint de s’exiler en Allemagne en 1978 , de quitter la nationnalité Turque. C’est alors que Baran se lance définitivement dans le domaine musicale et enregistre un premier albums intitulé « Lo Warê » en 1981 et sort un second album intitulé « 'Deriye Hepisxane » en 1984.
Un troisième album sortira 3 ans plus tard en 1987, l’album intitulé« Ey Dersime » connaît un grand succès, ainsi Baran se fait connaître et devient une grande voix dans le domaine musicale kurde, dersimîs, car celui-ci chante en Kurde mais aussi enZazaki . Ses chansons sont très appréciées et d’ailleurs plusieurs de ses morceaux seront repris par d’autres Groupe , et Chanteurs.
En 1989 , il sort un quatrième album intitulé « Helepçe U Zindan » , puis un cinquieme intitulé « Cene Cene » en 1991 .
Apres 14 ans d’éxil, loin de sa famille et de ses terres natales, Baran part en Turquie en 1992 avec un passeport allemand et sort un sixième album intitulé « Destê Ma » avec la collaboration de ArifSag, Il ne sortira plus d’albums de 1993 à2000 .
Baran reviendra avec l’album« Evina Me », et commencera à faire des aller-retour fréquent en Turquie, et participera même aux Festival de Munzur 2003 et 2004.
En 2005 , Ali Baran sortira un nouvel albums intitulé « Teberik ».
On compte aujourd’hui 9 albums de Ali Baran dont unconcert , ainsi que 3 clips .
Il vit aujourd’hui en Allemagne et travaille toujours dans le domaine musicale.
Nous remercions au nom des fondateur de l’association Dersim Için Birlikte / Ensemble pour Dersim, mr Ali Baran pour tout son soutient et son aide qu’il apporte.