«Quand monsieur Kimyongür rentrait dans la salle d'audience, le nombreux public qui se mobilisait pour lui l'applaudisait : la preuve qu'il est un chef», dixit les juges. Raisonnement implicite, que les juges se sont gardés de formuler car cela aurait mis trop en évidence l'absurdité de leurs arguments : «le public présent, devait être les subordonnés de Bahar Kimyongür et membres aussi, ou adhérants, d'une organisation terroriste».
Bahar Kimyongur est un symbole.
Il est le symbole des dangers que la lutte contre le “terrorisme” fait peser sur nos libertés.
Soutenir Bahar, c’est protéger les droits de tous les citoyens en Belgique.
Bahar Kimyongur est un citoyen belge qui s’oppose au régime turc. Depuis des années, il sensibilise la population et les personnalités politiques belges et européennes à propos des violations des droits de l’Homme en Turquie. En particulier, il dénonce la torture que subissent les prisonniers politiques dans ce pays.
Aujourd’hui, l’Etat belge a choisi son camp : en dépit de nombreux rapports alarmants condamnant la violence de l’État turc, la Justice belge présente ce pays comme une démocratie et fait passer les opposants politiques au régime d’Ankara pour des criminels. Au moment ou l'Union Européenne se fait hésitante à l'intégration de la Turquie parce que l'État de ce pays est reconnu pour ne pas respecter les droits de l'Homme ni les libertés, la Belgique, condamne ceux-là mêmes qui dénoncent les atteintes de l'État turc aux droits et à sa population.
Cette décision et les lois qui l'ont motivée représentent l'assassinat de nos libertés d'expression et de contestation. De ce fait, la Justice n’est pas impartiale mais politique, ce qui est notamment rendu possible par l’usage de la loi “antiterroriste” belge de 2003, inspirée par les lois de G.W.Bush. Bahar Kimyongur en est la victime. Mais ce qu’il vit actuellement menace toute personne qui entend contester, protester dans notre pays. Personne n’est à l’abri de ces lois liberticides. Les appareils répressifs et judiciaires ont maintenant à leur disposition un précédent judiciaire qui permet de mettre en prison pour de longues années, des personnes qui n'ont commit aucun délit. Après Bahar et ses compagnons, qui suivra ? Les syndicalistes, les altermondialistes, les représentants du monde associatif, les étudiants, les intellectuels, les travailleurs en lutte ?...
Voilà ce qu’il vous attend :
•Bahar Kimyongür a failli être remis secrètement par les autorités belges entre les mains des tortionnaires turcs dont il dénonce les crimes. La Belgique va à l’encontre de ses propres lois pour satisfaire les exigences d’un régime autoritaire.
•Bahar Kimyongür va passer cinq années en prison alors qu’il n’a commis aucun délit en Belgique, en Turquie ou ailleurs ; qu’il n’a fait qu’exprimer un point vue critique et qu’il s’est organisé en conséquence.
•Bahar Kimyongür est coupé du monde extérieur depuis son incarcération dans la nuit de mardi à mercredi, sans que personne ne sache où il se trouve exactement. Il subit des conditions de détention inhumaines et dégradantes, la torture par l’isolement. Notre Etat expérimente ainsi un « Guantanamo à la belge » afin de casser psychologiquement et physiquement les prisonniers politiques.
Réagissons, revendiquons la «Liberté pour Bahar» !
Participez aux actions du Clea !