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Le Comité français des libertés vient de publier un appel à la
solidarité avec les détenus politiques d'origine turque Ilker ALCAN et
Sefik SARIKAYA. Tous deux paient chèrement le prix de leur engagement
en faveur d'une Turquie indépendante, démocratique et socialiste. Ilker
ALCAN est un journaliste issu de la prestigieuse université de
Galatasaray. Il passa de nombreuses années dans les prisons turques et
survécut aux plus atroces tortures. Sa soeur Nilufer Alcan elle, périt
avec 5 autres prisonnières dans les flammes boutées à leur dortoir de
la prison de Bayrampasa par les militaires, durant l'assaut sanglant du
19 décembre 2000, une opération destinée à déporter les détenus
politiques vers les prisons cellulaires de type F. Militant politique
infatigable aux origines turques et arméniennes, Sefik Sarikaya est
connu et respecté dans l'émigration anatolienne pour sa générosité et
son humilité. Il a passé près de dix ans dans les prisons françaises
pour son appartenance au DHKP-C dans une précédente affaire
politico-judiciaire.
N'hésitons pas à leur écrire.
 Ilker ALCAN N° 367 643 D4 Maison d'Arrêt de Fleury-Merogis 7, Avenue des Peupliers 91705 SAINTE GENEVIEVE DES BOIS / PARIS

Sefik SARIKAYA N° 289706 Cellule 1/107 Maison d'Arrêt de la Santé 42, Rue de la Santé 75014 PARIS - France
Ilker ALCAN et Sefik SARIKAYA Jugés en France pour leur opposition au régime fasciste d’Ankara
Le
9 juin et le 20 octobre 2008 à 6h du matin, les commandos de la SDAT
(Sous-direction anti-terroriste) firent irruption dans plusieurs
domiciles ainsi que dans les locaux de l’Association anatolienne de
culture et de solidarité de Paris. Cette intervention policière fut
d’une rare violence : portes brisées, appartements saccagés, femmes et
enfants plaqués au sol, armes pointées sur les tempes… Au total, 13
personnes ont été mises en garde à vue et en examen. Cible de cette
opération: une association culturelle ordinaire ainsi que ses
adhérents, qui défendent depuis des années les droits des travailleurs
immigrés originaires de Turquie et qui s’opposent au régime fasciste
d’Ankara. Tous sont accusés d’association de malfaiteurs en relation
avec une entreprise terroriste. Mais les véritables chefs
d’inculpation sont la tenue de manifestations, de conférences de presse
parfaitement légales bénéficiant de l’accord de la préfecture et la
vente de l’hebdomadaire Yürüyüs (La Marche), une publication de gauche imprimée et distribuée légalement, même en Turquie.
D’après
le juge d’instruction : « les actions qu’ils mènent sont légales, mais
servent à soutenir des réseaux clandestins hostiles au régime en
Turquie. Par conséquent, leurs actions doivent être considérées comme
terroristes et poursuivies en vertu des lois anti-terroristes. »
En
réalité, nos camarades sont en prison pour leur opposition au régime
fasciste d’Ankara, pour avoir défendu les libertés d’expression et
d’association, pour avoir lutté contre des lois et des mesures
antidémocratiques, pour avoir soutenu les travailleurs licenciés, les
droits des étudiants, en somme, pour avoir défendu les sans-droits, les
opprimés et les exploités. Malgré l’absence de preuves, malgré le
fait que les perquisitions n’aient révélé aucune activité illégale,
Ilker Alcan et Sefik Sarikaya sont détenus depuis le 9 juin 2008. Treize
autres personnes ont été placées sous contrôle judiciaire avec
l’interdiction de quitter le département où ils résident, de rencontrer
leurs co-inculpés, de se rendre dans des associations fréquentées par
des gens originaires de Turquie, de lire des revues de gauche imprimées
en Turquie, mêmes légales. Depuis 2006, on observe une augmentation
sensible des poursuites judiciaires, des opérations de filature et des
gardes a vue en France. Il y a actuellement près de 1.200 prisonniers politiques dans les prisons françaises, et ce nombre s’accroît constamment. Pourtant,
ce qui se fait au nom de la guerre contre le terrorisme, n’a rien à
voir avec l’objectif déclaré. Il s’agit en réalité d’une guerre contre
des droits et des libertés fondamentales acquises au prix de grands
sacrifices.
L’ANTIFASCISME, UN ENGAGEMENT LÉGITIME
Si
les militants poursuivis ont fait le choix de lutter, ce n’est pas par
plaisir mais par sens du devoir et par humanisme. La répression ne les
empêchera pas de poursuivre un combat qu’ils considèrent comme légitime. La
France entretient des rapports politico-économiques privilégiés avec la
Turquie .C’est par souci de ménager ces relations que la France répond
aux exigences de l’Etat turc. En réalité, au-delà du sort des 13
antifascistes originaires de Turquie, le procès politique dont il est
ici question, a pour enjeu la sauvegarde voire la survie des droits et
des libertés fondamentales dans la patrie des droits de l’homme. Le
peuple français qui a remporté de glorieuses luttes contre la tyrannie
et contre le nazisme ne mérite sans doute pas un tel affront que celui
de voir son pays collaborer avec un Etat fasciste. D’autant que le
juge chargé de l’affaire s’est rendu en Turquie pour recueillir des
preuves à l’encontre des inculpés. Ce dernier a été jusqu’à intimider
l’imprimeur du quotidien légal « Yürüyüs » à Istanbul ! En Turquie,
la lutte pour la démocratie n’a jamais pu être anéantie, malgré les
juntes militaires, la torture, les exécutions extrajudiciaires, les
disparitions politiques et les massacres. Et voilà que l’Etat français
se met à encourager nos bourreaux dans notre pays d’origine. Nous
pensons que les magistrats qui agissent au nom de la France n’ont pas à
jouer ce rôle infâme et à rendre ainsi la population française complice
de leurs agissements. Quoiqu’il advienne de nous, nous continuerons
à défendre nos droits, dont les libertés d’expression et d’association,
aux côtés du peuple français.
A ceux qui, en France, veulent nous bâillonner, nous demandons : Est-ce un crime en France que d’être antifasciste ? Est-ce un crime en France que de dénoncer les crimes de l’Etat fasciste qui sévit en Turquie ? Nous exigeons de la part des tribunaux français : - La fin de leur collaboration avec le régime répressif en Turquie au nom des intérêts économiques qui lient les deux pays. - L’annulation de l’instruction visant nos camarades et leur libération - La fin des poursuites contre les révolutionnaires anatoliens sur le territoire français - L’arrêt de l’utilisation de la loi anti-terroriste contre les militants politiques - La libération de tous les détenus politiques
Résister contre le fascisme n’est pas un crime
Liberté pour Ilker et Sefik
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