Dersim, Le destin d’un peuple… (Bego)
Des maisons anciennes, des
ruines, un relief montagneux assez diversifié dont la grande chaîne de
montagnes de Munzur (3462 mètres d’altitude), de nombreux cours d’eau (
la source du Munzur), … l’envoûtante région de Dêrsim est le berceau de
la révolte kurde. C’est certes une fierté pour les Dêrsimîs mais il en
est aussi un désavantage pour la population de Dêrsim. En effet, la
région de Dêrsim est pour cette raison soumise à un traitement spécial
et la pression sur la population kurde est fortement ressentie.
Une grande partie de la
population avait été déportée dans d’autres régions, certains ont
préféré quitter le pays afin de fuir la guerre, la barbarie et le
traitement inhumain qu’on leur faisait subir et avec l’espoir de
pouvoir garantir la vie et l’avenir de leur famille. Aujourd’hui, on
constate que petit à petit, une grande partie de ces Dersimîs rentrent
définitivement chez eux, dans leurs villages natals, principalement dès
leur retraite; certains reviennent y passer les vacances d’été en
famille afin de faire un retour aux sources . Comme dirait Phillipe
Boulanger dans son livre ” Le Destin des Kurdes” : ” Cette ville est
trop belle pour y mourir, trop belle pour ne pas y vivre. Suites aux
différentes révoltes kurdes, Dersim du bien-vivre est devenu Dersim du
mal-vivre.”
Merci monsieur Boulanger
pour cette phrase si triste mais tout de même si belle et si vraie.
Elle résume parfaitement la situation du Dêrsim aujourd’hui et depuis
des decennies, voire depuis un siècle. Ce livre “Le Destin des Kurdes”
traite si bien le sujet que je ne pourrais m’empêcher d’y puiser les
idées ou d’en citer quelques passages. 
Revenons à nos moutons.
Depuis des années, deux problèmes majeurs handicapent la région: la
présence trop importante, voire étouffante des militaires et le manque
de travail pour la population dêrsimîe. Je me souviens d’ailleurs du
fiasco des élections locales de 2009 en Turquie pour l’ “AKP” (Adalet
ve Kalkınma Partisi) de Gül et Erdogan. En effet, afin de séduire la
population , le AKP n’a cessé d’organiser ses missions soit-disant
“humanitaires” à Dêrsim, en envoyant des machines à laver, des
réfrigérateurs, des téléviseurs,… tout ce que la population ne
réclamait pas. Et oui, souvenez vous de cet enfant qui, devant les
caméras, avait crié : ” Monsieur le président, ne nous donnez pas de
télévisions, de frigos, mais du travail à mon papa ! Si mon papa ne
travaille pas et ne gagne pas d’argent, comment ces réfrigérateurs
vont-ils se remplir ? ” Comme dit encore Mr Phillipe Boulanger ( Le
Destin des Kurdes) : “Les villageois, dans l’impossibilité de
travailler, devisent dans les cafés. On constate alors bien que les
problèmes économiques sont une des causes de la précarité des Dêrsimis
: pas de travail, pas d’argent, pas de moyen de s’affirmer et de
s’épanouir, uniquement du temps à tuer.”
Comme je le disais en
début, la région de Dersim est soumise à un traîtement spécial, des
contrôles tous les quelques kilomètres, à chaques entrée des
différentes communes de la région, la présence étouffante des
militaires et les contrôles en tous genres. “ Beaucoup des habitants du
Dersim dépendent de l’argent qu’ils reçoivent d’un membre de leur
famille établi en Europe de l’Ouest. Le courrier que reçoivent les
habitants est, bien evidemment, ouvert par l’administration turque et
les provisions sont étroitements controlées: la personne qui est en
possession de quantités de provisions supérieures à celles imposées par
les quotas inscrits dans des carnets est immédiatement suspectée de
cacher un membre de la guérilla. Les gens ont peur de parler…”
(Phillipe Boulanger). En effet, les gens ont peur de parler, c’est
d’ailleurs pour cela que beaucoup ont, à l’époque, quitté la région;
trop dangereuse…
Ce texte peut parraître
assez confus, sans doute parce que décrire la région de Dêrsim, c’est
décrire une région prisonnière de tous les mensonges et du désordre.
J’ai voulu souligner dans cet article, les problèmes fondamentaux qui
handicapent la région du Dêrsim et souligner le fait que Dêrsim est le
berceau de la révolte kurde. Il y aurait tellement de problèmes à
souligner, d’injustices, de mensonges et de crimes à dénoncer que cela
n’en finirait pas. Je vais donc vous écrire tou cela en plusieurs
articles, plusieurs parties au fur et à mesure.
Bego, Seyidersimi & Bersiv
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